Sézegnin, le 13 janvier. – Ce mercredi matin, le canton de Genève s’est à nouveau réveillé sous la neige. A des milliers de kilomètres de là, un séisme a dévasté la pauvre île d’Haïti et sa capitale Port-au-Prince. Quand les Haïtiens comptent leurs morts par milliers, les Genevois chiffrent les… minutes de retard de leurs bus! Pourtant, la désolation qui touche Haïti passe au second plan face à la neige. Car oui, Genève vit un véritable «cauchemar» à en croire la Tribune. Pire, un Genevois s’offusque d’avoir attendu son tram 20?minutes! «C’est la catastrophe!» s’exclame-t-il. Le mot est lâché: catastrophe. Dans ce genre de situation, un minimum de relativisme est nécessaire. Le rôle des médias est ici central. Ils doivent impérativement s’élever au-dessus des discussions de bistrot et offrir une information de qualité en faisant preuve de déontologie. Or, depuis plusieurs jours la Tribune ne cesse de faire ses unes – tant dans l’édition papier que sur son site Internet – avec les quelques dizaines de centimètres de neige recouvrant la Cité de Calvin. Les véritables catastrophes humaines – l’attaque du car togolais, la chasse aux sans-papiers en Calabre pour ne citer que celles-ci – sont, elles, reléguées au second plan. (…)