Le Chemin de l’Inca au Pérou sera candidat en 2012 au Patrimoine mondial de l’Unesco. Il s’agit de la première candidature de ce type portée par six pays. Ce réseau routier compta jusqu’à 6000?kilomètres de voies, tracées au XVe siècle par les Incas pour rallier les confins de l’empire. «Pérou, Bolivie, Equateur, Colombie, Chili et Argentine ont collaboré au dossier qui sera présenté en janvier», a indiqué à la presse Paloma Carcedo, directrice du Patrimoine au ministère péruvien de la Culture.
Qhapaq Nan (en quechua «le chemin du Seigneur» ou «Route Royale») constituait un réseau routier de qualité, dérivé de l’axe principal Nord-Sud de l’empire Inca, depuis Quito dans l’actuel Equateur, et le sud de la Colombie jusqu’à la région du Maule au Chili. Il chemine entre 2500 et 5000?mètres d’altitude. Il s’agit parfois d’un sentier, parfois d’une route de 20?mètres de large, souvent pavé ou semé de pierres.
Un réseau analogue à celui des Romains
En arrivant au XVIe siècle, les conquistadors espagnols le comparèrent au réseau de voies de l’Empire romain. «Ils l’ont fait pour la qualité de construction, les secteurs dallés de pierres, les terre-pleins, parfois des murs de soutènement des deux côtés», signale l’archéologue Cristian Vizcondo. Selon les historiens, le Chemin de l’Inca, construit sous l’empereur Pachacutec (sous lequel fut également érigé Machu Picchu) était jalonné tous les 7?kilomètres de petits postes fortifiés de contrôle. Tous les 21?kilomètres, il y avait un «tambo», ou relais de repos et de restauration.
Le chemin de l’Inca, dont le centre névralgique était la capitale Cusco, facilitait le commerce et les mouvements de population, mais aussi les déplacements de l’armée. Recoupant par endroits des routes préexistantes, Qhapaq Nan relie des centres de population ou de cérémonie préhispaniques importants, comme Chavin, Tiwanaku, Machu Picchu. Il a le potentiel «d’un des produits touristiques les plus importants au monde», selon la Chambre nationale de Tourisme péruvienne.