"J'ai demandé à mes guerriers de se préparer à la guerre, j'en ai parlé aussi aux tribus du Haut Xingu. Nous ne nous laisserons pas faire. Nous irons tuer les Blancs qui construisent ce barrage", déclare-t-il aux journalistes de l'émission "Sept à huit" de TF1, venus l'interviewer dans son village d'Amazonie.
"Il est temps que l'on récupère ce qui nous appartient", affirme le chef de la tribu Kayapos, rendu célèbre en 1989 par le chanteur Sting qui avait soutenu son combat pour la défense de l'Amazonie.
Raoni, de son vrai nom Ropni Metuktire, "implore Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy afin (qu'ils) empêchent le président brésilien de construire ce barrage sur le Rio Xingu", un affluent de l'Amazone. Quelque 500 km2 de forêt serait inondés et 20.000 personnes forcées à quitter la région.
Troisième plus grand au monde
Après vingt ans de controverses, la justice fédérale brésilienne a donné son feu vert le 16 avril à la construction du barrage de Belo Monte qui deviendra en 2015, date prévue de son inauguration, le troisième plus grand barrage hydroélectrique au monde (11.000 MW), derrière celui des Trois Gorges en Chine (18.000 MW) et celui d'Itaipu (14.000 MW), à la frontière entre le Brésil et le Paraguay.
Raoni est attendu lundi à Paris pour la promotion de son livre intitulé "Les Mémoires d'un chef indien". Il devrait rencontrer le président Sarkozy et son prédécesseur Jacques Chirac qui a écrit la préface du récit.
Les indiens d'Amazonie et les écologistes mobilisés contre le barrage de Belo Monte ont reçu de nombreux soutiens, notamment celui du réalisateur d'"Avatar", James Cameron. Le Canadien s'est rendu en avril à Brasilia et a demandé au président Luiz Inacio Lula da Silva d'assumer un rôle de "héros" en annulant la construction du barrage de Belo Monte.