M. Chavez a accusé le président colombien sortant Alvaro Uribe, avec lequel il entretient depuis des années des relations houleuses, d’être «capable de n’importe quoi dans les jours qui lui restent» au pouvoir. «Cela est devenu une menace de guerre et nous ne voulons pas la guerre», a-t-il ajouté.
Le bouillant président vénézuélien a annoncé hier le déploiement d’unités d’infanterie et d’aviation à la fontière avec la Colombie, sans néanmoins en préciser les effectifs. Il a aussi menacé de suspendre les livraisons de pétrole aux Etats-Unis si ces derniers soutenaient une attaque de la Colombie contre son pays.
Lundi, M. Chavez avait annulé une visite à Cuba, affirmant que le risque d’une attaque aérienne colombienne n’avait jamais été aussi important. De son côté, l’armée de l’air colombienne a annoncé hier l’installation d’une base aérienne à Yopal (est), destinée à la surveillance de la zone frontalière avec le Venezuela et au combat contre les rebelles colombiens dans la région.
Camps d’entraînement
Ce déploiement de troupes survient une semaine après l’annonce par Caracas de la rupture de ses relations diplomatiques avec Bogota, en réponse aux accusations colombiennes selon lesquelles le Venezuela héberge 1500 guérilleros et des dizaines de camps rebelles colombiens.
Réunis jeudi à Quito, les chefs de la diplomatie sud- américains se sont pas parvenus à rapprocher les deux pays.
Le 22 juillet, l’ambassadeur de Colombie auprès de l’Organisation des États américains (OEA), Luis Hoyos, avait présenté une série de «preuves» (images satellites, coordonnées GPS, photos) de la présence «active» de rebelles colombiens au Venezuela.
Hier, M. Chavez a réfuté ces accusations, affirmant que l’armée vénézuelienne avait inspecté, sans rien trouver, les sites mis en cause. «Nous avons effectué un vol à la recherche des endroits indiqués (...). A l’une des coordonnées signalée par cet énergumène (M. Hoyo), il y a un rocher. J’ai dit aux camarades de soulever le rocher, peut-être y a-t-il un tunnel en dessous», a-t-il ironisé.
Main tendue des FARC
Mais, alors que la tension montait entre les deux voisins, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxiste) ont proposé hier au président élu Juan Manuel Santos, qui succèdera officiellement le 7 août à Alvaro Uribe, de dialoguer pour trouver une solution politique au long conflit colombien.
«Nous sommes toujours attachés à la recherche de solutions politiques. Nous souhaitons que le gouvernement qui va prendre ses fonctions réfléchisse et cesse de mentir au pays», a déclaré le principal chef des FARC, Alfonso Cano, dans une vidéo diffusée sur le blog de la revue «Resistancia».
M. Cano souhaite notamment débattre de l’accord militaire conclu l’an dernier par Bogota, qui permet à l’armée américaine d’utiliser sept bases en territoire colombien.