Aznavour et son éternelle jeunesse

Par Par Stéphane Bern le 05.09.2011 à 23:59

Est-ce pour célébrer les arbres généreux en feuilles et en papier à la veille de la rentrée littéraire, que le dernier des écrivains romantiques, Gonzague Saint-Bris, organise chaque année dans un cadre sylvestre sa Forêt des livres, sorte de Woodstock de la littérature?

Est-ce pour célébrer les arbres généreux en feuilles et en papier à la veille de la rentrée littéraire, que le dernier des écrivains romantiques, Gonzague Saint-Bris, organise chaque année dans un cadre sylvestre sa Forêt des livres, sorte de Woodstock de la littérature? A l’ombre des platanes du village de Chanceaux-près-Loches, pas moins de 150 écrivains – recrutés plus pour leur notoriété que pour la qualité de leur plume – dédicacent leurs livres dans cette foire aux people: Patricia Kaas, Macha Méril, Fabienne Thibault, Guy Marchand, Richard Bohringer, Barbara Hendricks, Nikos Aliagas, Didier Decoin – qui présidait, Jean-Pierre Chevènement, Jean-Louis Debré, sans oublier le prince consort Henrik de Danemark venu avec son teckel à poil dur et que l’on avait installé sur une sorte de trône… Le soir venu, avant de reprendre l’Orient Express spécialement affrété pour acheminer les stars depuis Paris, Gonzague décerne des prix et des récompenses à tous les écrivains connus, comme pour les remercier d’être venus. Ainsi, Charles Aznavour, 87?ans, s’est-il vu remettre le prix de l’Eternelle jeunesse pour son dernier ouvrage D’une porte l’autre qui sort en même temps qu’un nouveau disque Toujours et à la veille d’un passage à l’Olympia. Interrogé sur le secret de sa longévité et de son énergie, M. Aznavour a répondu avoir «toujours peur de finir (sa) vie sans avoir tout terminé». Il envisage de tirer sa révérence à 120?ans, sans avoir recours au bistouri. Beau joueur, il a partagé le prix de l’Eternelle jeunesse avec l’académicien René de Obaldia, 92?ans qui a assuré d’une voix alerte et humant la chlorophylle, «ici, je me sens reverdir».

Autre rassemblement de personnalités au Bal Care de Deauville, qui annonce à la fois la fin des vacances estivales sur la côte fleurie et le coup d’envoi des mondanités parisiennes dont la station balnéaire est le XXIe arrondissement. Pour cette 14e?édition, ce rendez-vous de l’élégance et de la générosité soutenu par les mécènes Christian Dior et le groupe hôtelier Lucien Barrière, a subi un heureux lifting grâce à la présidente de la soirée, la comtesse Jean-Guillaume d’Ornano tandis que l’on récoltait plus de 260?000?euros destinés aux actions de l’association Care France dans le monde. Dans le salon des Ambassadeurs du Casino, la présidente de Care, Arielle de Rothschild, accueillait 300 convives entourée de Sidney Toledano, président de Christian Dior Couture, de Dominique Desseigne, président du Groupe Barrière, de Philippe Augier, maire de Deauville, sans oublier la présence de la divine Fanny Ardant, de la princesse Zahra Aga Khan qui a surenchéri pour acquérir une lithographie de Gruau mise aux enchères… Seul bémol, certains gros revenus présents dans la salle, sans doute moins heureux qu’on ne le dit d’une nouvelle taxe de 3%, se sont bien gardés de lever la main pour participer aux enchères… Mais le clou de la soirée aura été la démonstration de haute école des chevaux galopant entre les tables et menés par le cavalier magicien Mario Luraschi. Deauville, après tout, reste la ville où le cheval est roi.

A quand une liaison aérienne Venise-Deauville pour faciliter le transport des stars américaines entre la Mostra – où la 68e?édition a connu un embouteillage de célébrités sur le Lido de nature à combler le déficit flagrant de poids lourds cinématographiques sur l’écran – et le Festival du film américain qui a d’emblée voulu mettre à l’honneur les jeunes auteurs indépendants, tout en déroulant le tapis rouge aux monstres sacrés comme Francis Ford Coppola, qui a ouvert le festival et baptisé une cabine de bain à son nom sur les planches, en attendant Shirley MacLaine, Naomi Watts ou Abel Ferrara. Mais les festivaliers n’ont pas été déçus dans leur attente en voyant défiler Chiara Mastroianni et Nathalie Baye, membres du jury, la rousse Emma Stone de La couleur des sentiments et Kate Bosworth avec son amoureux Michael Polish, ou le facétieux Bill Murray, juste venu à Deauville pour escorter sa compagne Liza Johnson. Assurément les Américains ont choisi Deauville et l’hôtel dont ils aiment prononcer le nom: Normandy.

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