Le geste du gouvernement genevois ne répond qu'à une partie des exigences libyennes, relève Hasni Abidi. Tripoli attend notamment encore que l'auteur de la fuite soit sanctionné et que le blocus des visas Schengen soit levé.
"D'ailleurs, la Libye déclare sur son site ce matin que le canton de Genève a cédé", ajoute le directeur du Centre d'étude et de recherches sur le monde arabe et méditerranéen (CERNAM), qui s'exprimait mercredi sur les ondes de la Radio suisse romande.
Dans un document à l'attention du Tribunal de première instance rendu public mardi soir, l'Etat de Genève se dit d'accord de verser une indemnité à Hannibal Kadhafi pour la publication de ses photos dans la "Tribune de Genève". Il admet sa responsabilité dans ce cadre et juge "hautement regrettable" que les clichés soient parvenus au journal.
"Nous sommes en position de faiblesse", a commenté M. Abidi mercredi, parlant de la Suisse. Dans ces circonstances, Berne doit garder le soutien d'un pays "très important et respecté de la Libye, l'Allemagne". "Il ne faut pas multiplier les concessions sans avoir la moindre contrepartie", insiste le chercheur.
Outre une enquête sur les photos du fils du colonel Kadhafi publiées dans la "Tribune de Genève" en août 2009 et la levée de l'interdiction à plus de 180 dirigeants et citoyens libyens de recevoir des visas Schengen, la Libye réclame également la création d'une commission d'arbitrage et le jugement des responsables de l'arrestation d'Hannibal Kadhafi en août 2008.