L'affiche incriminée représente une femme voilée devant une carte de la France aux couleurs du drapeau algérien, et hérissée de minarets.
«C'est à l'Etat français de prendre les dispositions qui s'imposent lorsque des symboles de pays étrangers sont mis à genoux», a déclaré Mourad Medelci, le ministre algérien des Affaires étrangères.
«Nous déplorons avec force l’usage indigne et dégradant d’un drapeau national à des fins électoralistes», a déclaré mardi le ministère français des Affaires étrangères lors de son point de presse régulier. Il a jugé «légitimes» les protestations d’Alger «quant à l’usage extrêmement choquant qui est fait du drapeau algérien».
Autorisé par la justice
Le juge des référés du tribunal de grande instance de Marseille avait décidé lundi de ne pas interdire l'affiche après près une plainte déposée au nom de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA).
Présent à l’audience, le président du FN, Jean-Marie Le Pen, tête de liste du parti d’extrême droite dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), a déclaré être «venu dire non à l’emprise algérienne sur (son) pays, non à la burqa». L’avocat de la LICRA, Me Michel Pezet, avait invoqué «un trouble manifestement illicite» et «une incitation à la haine raciale».
L'avocat du Mrap, Maître Khaled Lasbeur, a pour sa part évoqué un risque d'«émeutes», de «manifestations» et d'«effusions de sang», si les affiches ne sont pas retirées par la justice. Des déclarations qualifiées de «totalement exagérées» par l'avocat du FN, Maître Wallerand de Saint-Just.