«Les agents de voyages ici sont parfois frileux à parler du tourisme sexuel impliquant des enfants, de peur de choquer les futurs vacanciers ou de les dissuader de se rendre dans certains pays», explique Cordula Sanwald, de la Fondation suisse pour la protection de l’enfant. Cet organisme et la Haute Ecole spécialisée en tourisme des Grisons ont piloté un sondage qui vient de révéler qu’au contraire, les voyagistes doivent en faire plus: les personnes interrogées souhaitent davantage d’informations sur ce thème.
Code de conduite méconnu
D’ailleurs, 80% des 1832 sondés, âgés de 15 à 79 ans, ignorent tout simplement que les agents de voyages suisses s’engagent contre le tourisme sexuel impliquant des enfants. Un code de conduite est pourtant en vigueur dans la branche depuis 2003. Ce document exige notamment que les employés soient formés sur cette problématique, aussi bien en Suisse que chez les partenaires à l’étranger. Et les clients doivent être informés, via des flyers ou dans les catalogues. «Cela n’est pas assez fait, et ce sondage indique qu’il faut aller plus loin encore dans la prévention», souligne Cordula Sanwald.
Dénonciation en ligne
Autres erreurs courantes: seuls 30% des sondés savent qu’un être humain est protégé jusqu’à ses 18?ans par la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant. «Les pédophiles ne sont pas seuls à passer à l’acte, ajoute Cordula Sanwald. En majorité, les auteurs sont occasionnels. Ils ne recherchent pas a priori une relation sexuelle avec un mineur, mais ils évacuent le questionnement sur l’âge quand elle leur est proposée.» Pour remédier aux abus, 14% seraient prêts à utiliser le formulaire en ligne, introduit il y a tout juste une année par la police fédérale, et qui a reçu une douzaine d’annonces depuis.
Ce sondage changera-t-il les comportements des voyagistes suisses, alors que la majorité des sondés, âgés de 20 à 35?ans, ne sont pas leurs clients principaux? «Ces consommateurs achètent beaucoup sur le Net. Les portails Web peuvent être modifiés en conséquence. Il faut aussi tenter de les atteindre via des journaux et des spots dans les aéroports et dans les avions», estime pour conclure Cordula Sanwald.