Simonetta Sommaruga et Jacqueline Fehr pour le PS. Karin Keller-Sutter et Johann Schneider-Ammann pour le PLR. Avant que ne tombent, hier à Berne, aux alentours de 18?h?30, les noms des quatre favoris pressentis, l’après-midi a été longue, tendue et plus chahutée qu’il n’y paraît. Les cinq tours de scrutin nécessaires au PS pour choisir la Bernoise Simonetta Sommaruga, comme la première place de Karin Keller-Sutter au PLR, en témoignent (lire ci-dessous).
C’est le milieu d’après-midi au Palais fédéral. Et entre le rez-de-chaussée où siège le groupe radical et le deuxième étage qui accueille les socialistes, le
va-et-vient est incessant. Juste interrompu par les arrivées des candidats, fermés et concentrés, qui repoussent les questions. «Brutal nervös!» lance simplement Hildegard Fässler, la candidate socialiste saint-galloise dans l’antichambre de l’audition. Sa tenue vestimentaire – noire et rouge – souligne son appartenance au parti qui défend le siège de Moritz Leuenberger.
L’enjeu est réel, la tension palpable au PS. Toutes les quatre – Simonetta Sommaruga, Jacqueline Fehr, Eva Herzog et Hildegard Fässler – ne cachent pas, à la sortie de l’épreuve, que les parlementaires PS n’ont pas fait de cadeau…
«La discussion a été animée. J’étais très nerveuse, avoue la Zurichoise Jacqueline Fehr, l’émotion au bord des yeux. Pour moi, c’est le moment le plus important de la campagne: avoir le soutien de mon groupe est essentiel.»
Devant la salle?3 du Palais fédéral, le ballet des candidats PLR se déroule à une cadence d’un toutes les demi-heures. Ils se croisent et se serrent la main.
Comme le font des adversaires d’une même famille. Courtoisement, sans plus. Les favoris Karin Keller-Sutter et Johann Schneider-Ammann affichent des mines plus sereines que les outsiders. Le verdict du groupe parlementaire confirmera cette impression.
D’un regard, on devine aisément qui ne sera pas retenu. A la sortie de son grand oral, le radical tessinois Ignazio Cassis lance: «Dans un examen académique, c’est le savoir qui est testé. Lors d’une audition, c’est surtout le savoir-être qui peut faire la différence.» Le candidat PLR, visiblement déçu, n’a pu que constater l’indifférence de ses pairs pour la question de l’appartenance culturelle.
Le groupe PDC confirmait hier sa décision de ne pas lancer de candidature, tout en annonçant vouloir auditionner tous les candidats désignés par l’UDC, le PLR, le PS et les Verts.