«En tant que citoyen, je suis optimiste, pour des raisons que je ne peux pas préciser, s’exclame Jean Ziegler. Il est à espérer qu’une solution à la crise avec la Libye sera trouvée avant le 1er septembre (ndlr: début des fêtes du 40e?anniversaire de la révolution).» Joint hier, le sociologue se montre confiant. Or, il connaît bien Tripoli, où il sera prochainement invité. Hier matin, Charles Poncet, qui défend les intérêts libyens, affirmait déjà à la RSR: «Je crois qu’on se rapproche d’une solution négociée.» Selon lui, Tripoli est en train de réfléchir à une proposition «constructive» de Berne, dont le contenu reste confidentiel.
Comité réactivé
La solution passera-t-elle par le comité d’arbitrage qui a déjà siégé à Genève? «J’ai entendu qu’il va être réactivé», dit Jean Ziegler. Ce comité était composé de diplomates et de deux juristes provenant des deux pays. Il s’est réuni en vain à sept reprises l’automne dernier. L’important, selon plusieurs observateurs, serait qu’un arbitre d’un pays tiers dirige ce groupe.
Tant Charles Poncet que Jean Ziegler jugent que la récente visite en Libye de Micheline Calmy-Rey est de bon augure. «A mon avis, ce geste humanitaire et courageux a touché les Libyens», précise le second. Un élément pourrait s’avérer positif: à Tripoli, le ministre des Affaires étrangères, qui conduisait jusqu’alors les discussions et se montrait intransigeant, a été remplacé.
Parmi les issues possibles, on évoque des excuses officielles, ou une sanction contre des policiers ou des magistrats genevois, qui ont participé à l’arrestation du fils Kadhafi. Mais le DFAE reste discret. Rappelons que Tripoli a déposé une plainte civile contre l’Etat de Genève et demande plus d’un demi-million de francs de réparation. Selon nos informations, les plaidoiries auront lieu le 24 septembre. Mais cela sera-t-il encore d’actualité?