Conformément à ce qu'exige la législation, il recommande de donner la préférence au deuxième texte. Ce mot d'ordre est le résultat de tactiques croisées. La gauche veut que la votation populaire ait lieu le plus rapidement et éviter que le Parlement n'édulcore trop les mesures. Elle a donc soutenu à la fois l'initiative et le contre-projet.
Le PDC, le PLR et le PBD rejettent quant à eux l'initiative. Ils misent sur le contre-projet direct pour convaincre le peuple d'accepter des mesures qu'ils jugent mieux adaptées aux besoins de l'économie que celles lancées par Thomas Minder.
Abstention de l'UDC
La courte majorité en faveur du texte de l'entrepreneur schaffhousois Thomas Minder a pu être obtenue malgré l'abstention de l'UDC. Le parti, qui n'a pas réussi à faire passer sa proposition de régler le problème via une révision du droit de la société anonyme, a refusé de soutenir le contre-projet direct.
Sa proposition d'y renoncer purement et simplement a été rejetée par 128 voix contre 59. L'UDC a donc ensuite refusé de prendre part au vote sur le mot d'ordre.
Quant à la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf, elle souhaite que les citoyens puissent avoir le choix entre les deux textes. Et de préciser que sa préférence allait au contre-projet direct.
Piques entre partis
Avant de voter, les partis se sont lancé de dernières piques. Pirmin Schwander (UDC/SZ) s'en est ainsi pris à la gauche, lui reprochant de soutenir pour des raisons tactiques le contre-projet direct.
Les citoyens en ont assez de voir des dirigeants d'entreprises s'enrichir sans vergogne, et peu leur importe de savoir si l'initiative ou le contre-projet est le meilleur instrument pour agir, lui a répondu Daniel Jositsch (PS/ZH).
Et d'accuser l'UDC de tout faire pour éviter que l'initiative soit soumise en votation et pour noyer le poisson au Parlement. Gabi Huber (PLR/UR) s'en est aussi prise aux démocrates du centre auxquels elle a reproché de «mener la politique du pire» en soutenant l'initiative.