Roman Polanski a rejoint hier peu avant 13?h son chalet de Gstaad, où il doit demeurer en résidence surveillée, le temps que la justice statue sur son avenir (lire ci-dessous). Le cinéaste franco-polonais est depuis 1978 sous la menace d’une extradition vers les Etats-Unis, où il a été reconnu coupable de relations sexuelles avec une mineure. Il risque deux ans d’enfermement.
Piétinant dans la neige gelée, une bonne soixantaine de photographes, cameramen et reporters de la presse suisse et internationale, encadrés par une escouade de policiers bernois, ont fait une véritable haie d’honneur aux deux berlines noires transportant Polanski et ses accompagnants. Le père de Rosemary’s Baby est toutefois resté invisible, puisque les voitures se sont immédiatement engouffrées dans le garage souterrain, au grand dam de tous les envoyés spéciaux en quête d’images, dont certains avaient passé la nuit sur place.
Retrouvailles familiales
Dans son beau chalet de bois clair aux rideaux tirés en permanence, Roman Polanski, 76?ans, a eu le bonheur de retrouver sa famille, discrètement arrivée la veille à Gstaad. Après deux mois passés dans la prison de Winterthour, il a enfin pu serrer dans ses bras son épouse, la comédienne et chanteuse française Emmanuelle Seigner, 43?ans, et leurs deux enfants, Morgane, 16?ans, et Elvis, 11?ans, brièvement aperçu hier sur la terrasse du chalet alors qu’il sortait chercher du bois.
Après le confort relatif d’une cellule helvétique, Polanski doit apprécier celui de la cheminée du Milky Way, situé un peu à l’écart du centre de la station bernoise huppée. Selon le Département fédéral de la justice, le réalisateur pourra «recevoir chez lui toutes les personnes qu’il souhaite et les héberger comme il veut.
Ses mouvements y seront toutefois limités: pas question de sortir des 1800?m2 de sa propriété sans autorisation de la justice. Il devra demeurer en permanence équipé d’un bracelet de surveillance électronique, fixé à la cheville vraisemblablement. Le bracelet émet en permanence un signal et une alarme se déclenche en cas de sortie du périmètre, avertissant instantanément les autorités. Une mesure prise pour éviter tout risque de fuite vers la France, d’où Polanski, qui possède la nationalité française, ne pourrait pas être extradé.
Il pourra par contre profiter du plaisant décor entourant son chalet, dont les fenêtres donnent d’un côté sur les sommets du Rübli, des Vanils et de la Giferspitz. Un décor qu’il connaît bien puisque Roman Polanski fréquente régulièrement la station bernoise depuis de nombreuses années.