L'événement

C'est un récidiviste qui a tué Lucie, 16 ans

Par SERGE GUMY le 10.03.2009 à 00:00

Lucie Trezzini, retrouvée morte dimanche, a été victime de coups, frappés à l’arme blanche. Son meurtrier est sorti de prison en août. Se pose la question du suivi des criminels.

«Je m’efforce d’être dans le présent. J’y crois.» Jusqu’à hier, Nicole Trezzini gardait l’espoir de retrouver sa fille Lucie, 16?ans, portée disparue depuis mercredi soir. Mais la police cantonale argovienne lui a annoncé la nouvelle tant redoutée: Lucie a été retrouvée morte dimanche soir dans un appartement du hameau de Rieden, près de Baden.

Au moment même où la police cantonale s’apprête à ouvrir une conférence de presse sur cette dramatique affaire, hier en début d’après-midi, un homme de 25?ans se présente à la police municipale zurichoise. Et explique: c’est bien dans la salle de bains de son appartement que la jeune fille au pair fribourgeoise a été retrouvée.

Et c’est bien lui qui l’a tuée. Probablement pour des motifs sexuels. Et en infligeant à sa victime des coups ainsi que «de fortes violences à l’arme blanche», selon les mots d’Urs Winzenried. Le chef de la police criminelle argovienne n’en dira pas plus avant de connaître les résultats de l’autopsie qui sera pratiquée aujourd’hui à Berne.

Il avait déjà été condamné

Une chose est sûre: le meurtrier n’en est pas à son coup d’essai. En 2003, il a en effet été condamné à une peine de prison pour tentative de meurtre sur une femme de sa connaissance qu’il avait également agressée sexuellement, confirmait hier soir le porte-parole de la police cantonale argovienne. Dans son casier judiciaire figurent en outre des délits financiers et de stupéfiants. Le condamné a-t-il purgé l’entier de sa peine? A-t-il été?libéré sous conditions, et si oui lesquelles? La police argovienne était incapable de le dire hier et renvoyait aux autorités responsables de l’exécution des peines, elles-mêmes injoignables.

On en sait plus par contre sur comment les enquêteurs ont retrouvé la trace de Lucie – et de son meurtrier. C’est un copain de ce dernier qui a indiqué son adresse dimanche à la police. Il venait de recevoir un appel «étrange» de la part du suspect, en provenance du téléphone mobile de Lucie. «J’ai besoin d’une bière», aurait brièvement dit le meurtrier. Son copain a alors tenté de le rappeler plusieurs fois, sans succès.

La police argovienne, qui surveillait déjà les communications du portable de Lucie, a pu interpeller le destinataire du coup de fil. Après interrogatoire, il semble hors de cause. Les forces de l’ordre se sont dans la foulée rendues à l’appartement du meurtrier présumé, à Rieden. Pour y découvrir le corps sans vie de l’adolescente.

Tragique point final pour une vie gorgée de promesses. Deuxième de trois enfants (entre une sœur aînée et un frère cadet), Lucie Trezzini a grandi en Gruyère, dans une famille très active dans le chant choral. Elle a ensuite déménagé à Fribourg avec sa mère – une enseignante en géographie, au Collège du Sud, à Bulle – après la séparation de ses parents.

Un dernier coup de fil

Avant le drame, Lucie Trezzini travaillait comme jeune fille au pair à Pfäffikon, dans le canton de Schwytz, à la pleine satisfaction de ses employeurs. Profitant d’un jour de congé, elle s’était rendue mercredi dernier à Zurich pour y faire du shopping. Après un dernier coup de fil, sa trace s’est perdue à Baden (AG) – là où elle a probablement rencontré son meurtrier.

Depuis l’annonce de sa disparition, Lucie avait suscité une forte mobilisation. Ses proches s’étaient rendus ce week-end à Zurich et à Baden pour y distribuer des avis de recherche. Et sur Internet, ses amis avaient relayé le message sur le site participatif Facebook. Hier soir, les mots de condoléances et de colère avaient supplanté l’espoir. Quant à la famille, elle se réfugiait dans le silence.


Le meurtrier a-t-il été relâché trop vite?

Autant que la mort de Lucie, le fait que son meurtrier ait déjà essayé de tuer une femme en 2003 fait scandale dans les forums de discussion qui fleurissent sur le Net. Comment se fait-il qu’une personne sortie de prison en août, et déjà condamnée pour une tentative de meurtre, puisse récidiver quelques mois après sa sortie? Pourquoi ne contrôle-t-on pas les faits et gestes de telles personnes après leur remise en liberté? «La justice est encore trop souple avec ce genre de personnes!» fulmine un internaute sur Facebook.

Impossible de répondre sur le cas précis: la police argovienne elle-même ne connaissait pas les détails du dossier du Suisse de 25?ans qui s’est dénoncé.

Le suivi dépend des cas

De façon générale, «la nature du suivi de la personne dépend de la peine prononcée par la justice», explique Jacques Monney, directeur de la Fondation vaudoise de probation: «Si la personne a purgé l’entier de sa peine, elle est définitivement libérée de toute contrainte pénale.» Traduction: elle est lâchée dans la nature, sans aucun suivi.

Par contre, «si la personne est au bénéfice d’une libération conditionnelle, son dossier est transmis à une fondation de probation. Sa situation personnelle, financière ou encore professionnelle est examinée, de même que son état psychique.»

Avec quelles conséquences? «Si la personnalité présente un certain risque, le suivi imposé sera d’autant plus intense, en vertu du principe de précaution. Si les conditions de libération ne sont pas respectées, l’autorité pénale est alors saisie. Elle peut aller jusqu’à révoquer la libération conditionnelle et le sursis.»

Enfin, si le détenu est jugé apte à sortir, «un suivi impliquant sa famille, son employeur ou encore les services sociaux est organisé. Ces différents intervenants auront pour mission de collaborer étroitement avec l’autorité de probation, et de signaler d’éventuels incidents.» A ce stade, on ignore si le meurtrier de Lucie était astreint à un tel suivi, notamment sur le plan thérapeutique.
(rc)


L’alerte enlèvement est relancée

«Cette fois, le Conseil fédéral n’a plus d’excuse pour ne pas agir.» Pour le conseiller aux Etats Didier Burkhalter (PLR/NE), «ce drame effroyable démontre, une fois de plus, la nécessité de mettre sur pied un système d’alerte enlèvement. Il constituerait un instrument très utile, comme le montre l’expérience française». C’est précisément jeudi que le Conseil des Etats se prononcera sur sa motion chargeant le Conseil fédéral de préparer une convention pour la mise en place d’un tel système.

Objectif: trouver un accord entre les entreprises, les collectivités publiques ou encore les associations de victimes, pour permettre la diffusion massive et rapide d’informations lors d’un enlèvement (TV, radios, téléphones, gares, etc.).

La ministre a freiné

Jusqu’ici, la ministre de la Justice, Eveline Widmer-Schlumpf, s’est toujours opposée avec force arguments juridiques à une intervention rapide de la Confédération. Elle s’est contentée d’annoncer un rapport en la matière… en 2010.

Un attentisme qui n’exaspère pas seulement Didier Burkhalter. «Je suis révoltée et fâchée contre cette incapacité à balayer notre fédéralisme», martèle Diane Burgy. La directrice de la Fondation pour la recherche d’enfants disparus compte envoyer un courrier à Eveline Widmer-Schlumpf avant le débat parlementaire. «Si les Etats-Unis sont capables d’oublier leur fédéralisme pour une bonne cause, pourquoi pas la Suisse?» s’insurge l’enseignante fribourgeoise.

Et Diane Burgy n’est pas seule. En juillet dernier, sa pétition exigeant la mise en place d’un système d’alarme national, munie de plus de 30 000 signatures a été déposée à la Chancellerie fédérale.
Romain Clivaz

Sondage

Hooliganisme: faut-il fouiller tous les supporters à l'entrée des stades?





Dernières offres

Marché

Administrateur SAP BC (Basis) expérimenté / H-F JPL Informatique SA, Vaud

Un(e) Assistant(e) Corporate Service ConnectPartners Sàrl, Geneve

Test Manager (H/F) QIM Info SA, Geneve

Sondage

Des tours aux Vernets: qu'en pensez-vous?





Service clients

  • Abonnements et renseignements
    Nous contacter
    lu-ve 7h30-12h/13h30-17h
    Tél. 0842 850 150, Fax 022 322 33 74
    Depuis l'étranger: +41 22 322 33 10
    Adresse postale: Service clients
    CP 5306 - 1211 Genève 11

Quel conseiller d'État vous inspire le plus confiance?

Charles Beer

 
11.7%

David Hiler

 
26.2%

Michèle Künzler

 
2.6%

François Longchamp

 
16.7%

Mark Muller

 
5.7%

Isabel Rochat

 
3.6%

Pierre-François Unger

 
12.7%

Je ne sais pas

 
20.8%

Biens immobiliers

Marktplatz
Recherche immobilière

Liens Immobiliers
Déménager
Comparer hypothèques
Habiter
Publier une annonce
Saisir votre annonce
Cartons de déménagement
homegate Des cartons pratiques de homegate.ch sont livrés à domicile. Plus

En coopération avec:

Homegate

SEARCH.ch

Commerce