INSTALLATION

Et voici le premier hôtel zéro étoile, dans un abri atomique à Appenzell!

Par ÉLISABETH NICOUD le 06.06.2009 à 00:00

C’est l’idée de deux artistes saint-gallois, Frank et Patrik Riklin, qui y ont dormi hier avec leurs premiers clients.

Enfants, Frank et Patrik Riklin, 36?ans, vouaient un culte à la série TV MacGyver, un héros capable en toutes circonstances avec quelques bouts de ficelle – et souvent un couteau suisse! – de dégoter une astuce salvatrice. Un système D qui marquera de son empreinte indélébile tout le travail de ces deux artistes fondateurs de l’Atelier für Sonder­aufgaben (Atelier de projets spéciaux), à Saint-Gall.

Les jumeaux ont testé le concept l’an dernier à Sevelen, petit village dans le Rheintal. «Les autorisations prenaient trop de temps, il nous fallait trouver un autre lieu», expliquent-ils en chœur. Pas difficile dans un pays truffé de quelque 300?000 bunkers dont la vocation première a légalement été enterrée en 2004. C’est donc à Teufen, une bourgade de 5800 habitants en Appenzell Rhodes-Extérieures, que leur «œuvre» a été inaugurée hier.

Un hôtel bien à l’abri

A savoir la reconversion d’un abri atomique en un hôtel «Null Stern» (zéro étoile). Attention, préviennent-ils d’emblée, ceci n’est pas un «vrai» hôtel. Certes, le bunker est meublé (14 lits de récup), dispose de deux douches et propose des tarifs imbattables: de 10 à 30?francs, selon la catégorie (dortoir, first class ou luxury, sic).

Pour le reste, l’essentiel se cache ailleurs et se résume sur le slogan des t-shirts vendus par les artistes: «The only star is you» (La seule étoile, c’est vous). «Le Null Stern est une installation artistique qui a pour mission de réunir des gens provenant d’horizons très divers, énonce Frank Riklin.

Ce qui représente, à nos yeux, une autre forme de luxe. Car rien n’est devenu plus impersonnel qu’un hôtel cinq étoiles aujourd’hui. Certes, on y dispose d’un confort incroyable mais personne ne se parle ni ne se rencontre vraiment.»

Le dialogue, les deux frères, issus d’une famille très connue à Saint-Gall – le père, professeur émérite d’économie politique, a grandement contribué à la réputation de la Hochschule – le provoque par des moyens à la fois simples, pas chers et astucieux. Ainsi, dans l’espace dite lounge trône une roue de vélo fixée sur un tableau noir.

«Cette roue de la fortune permet aux hôtes de se rassembler, d’écrire leur nom avec une craie et en la tournant chacun peut, par exemple, se voir attribuer une heure de passage pour prendre sa douche, ajoute Patrik Riklin. En une heure, ce jeu permet non seulement de faire connaissance, en les ramenant à leur dimension d’enfants, mais c’est un moyen démocratique de désamorcer un problème potentiel.»

Un Vaudois intéressé

Et la formule semble fonctionner! La veille, les quatorze premiers hôtes passaient une nuit dans le bunker coloré de Teufen. Parmi eux, une hôtesse de l’air, deux étudiantes berlinoises, un père et son fils, une sage-femme, des retraités, un entrepreneur d’origine indienne, un journaliste romand... Tous affirment avoir vécu une expérience humaine hors norme.

Enfin, comme rien ne se perd dans le monde des Riklin, cette antithèse du luxe, peut-être bienvenue en ces temps de folie financière et de crise économique, est déjà… récupérée. Avant même l’ouverture, le projet a suscité l’intérêt de nombreux médias internationaux, de CNN en passant par le Herald Tribune.

En tombant sur un reportage, Daniel Charbonnier a comme une révélation. Le jeune Vaudois, qui dirige une société de conseils hôteliers, cherche des financements afin de transformer ce concept en entreprise commerciale et planétaire. La chaîne, anglicisée Zero Star Hotel, s’intégrera dans des lieux inédits, tels des anciens pensionnats de jeunes filles ou des casernes. Et sera, assure-t-il, une bombe dans la branche hôtelière.

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