La violente campagne de votation sur les minarets a laissé des traces chez les musulmans de Suisse. L’Union des organisations musulmanes de Genève (UOMG) porte plainte contre Ulrich Schlüer, conseiller national UDC zurichois, pour violation de la norme pénale antiraciste, a révélé dimanche la SonntagsZeitung .
L ’UOMG reproche au chef de file de l’initiative antiminarets d’avoir publié à la mi-novembre, en pleine campagne, un article appelant à la haine des musulmans dans sa revue, Schweizerzeit .
Les musulmans, danger pour la société suisse?
Rédigé par Willy Schmidhauser, président des Démocrates suisses du canton de Thurgovie, aussi visé par la plainte, l’article affirme qu’il y a trop de musulmans en Suisse et qu’il faut les renvoyer en masse. Car, écrit-il, ils constitueraient un danger pour une société non islamique.
Des propos jugés «profondément choquants et inquiétants» par Lucia Dahlab, vice-présidente de l’UOMG. «Cet article a été publié alors que la campagne dérapait, avec la profanation de la mosquée de Genève et l’affaire de l’appel fictif à la prière», rappelle-t-elle. Si l’UOMG n’a pas porté plainte plus tôt, c’est qu’elle était trop occupée à mener campagne. «Nous espérions que d’autres allaient réagir», ajoute-t-elle.
La plainte est parvenue hier au Ministère public zurichois de Winterthour.
Ulrich Schlüer plaide non coupable
Ulrich Schlüer indique ne pas en avoir été informé. L’article incriminé? «J’ai été le premier à le critiquer dans une édition ultérieure de Schweizerzeit, affirme-t-il. Nous avons d’ailleurs mis un terme à notre collaboration avec M. Schmidhauser.»
Ce n’est pas la première fois que le Zurichois Ulrich Schlüer est accusé de violation de la norme antiraciste. «Mais je n’ai jamais été condamné», dit-il. La peine maximale pour ce délit est de trois ans de prison, rappelle Andreas Meili, l’avocat zurichois de l’UOMG.