Mille accidents de ski ou de snowboard par jour en Suisse! «C’est trop», clame le Bureau de prévention des accidents (BPA) et l’Association suisse d’assurances (ASA).
Autrement dit, «115?000 personnes pratiquant des sports de neige se blessent si grièvement durant la saison d’hiver qu’elles consultent un médecin: 40?000 en âge de travailler, 30?000 enfants ou seniors et 45?000 touristes étrangers», précise Daniel Menna, porte-parole du BPA. L’image d’une armada d’hélicoptères déferlant sur les pistes illustre cet état de fait dans une vidéo et sur des affiches.
Certes, une coupure à la main vaut statistiquement autant qu’une fracture ouverte à la jambe. Et contrairement aux idées reçues, les collisions entre personnes ne représenteraient que 5 à 7% du total des incidents – la chute culminant en tête du palmarès des causes.
Il n’empêche, les 70?000?Suisses victimes d’un pépin sur leurs lattes ou sur leur planche représentent le quart de tous les accidents sportifs recensés annuellement. En comparaison, le deuxième sport le plus dangereux, le football, blesse 53?000 adeptes.
Sur le terrain, Roland Obersohn, membre de la patrouille des neiges sur le domaine Bergbahnen Destination Gstaad, dit sentir une amélioration. «Les gens sont plus nombreux à porter un casque et nous notons moins d’accidents depuis la création de notre patrouille et de zones 30?km/h.»
Willy Brand, responsable de la sécurité à Villars, voit plus de casques également. Pour le reste, il fait preuve de scepticisme: «Cela fait plus de quinze ans que nous sommes confrontés aux problèmes de vitesse et de comportement excessifs de la part de certains skieurs. Nous n’avons pas la solution. Et la répression n’en est pas une, si c’est pour se faire envoyer balader. On met en place une signalisation, on sécurise, et on fait avec ces gens.»
D’où la nécessité d’un énième rappel des mesures de protection élémentaires: porter un casque et des protège-poignets (surtout les snowboarders), faire vérifier les fixations des skis, adapter la vitesse et le style de ski aux circonstances.
Et la protection dorsale? Là, on est moins catégorique. Pour leur part, BPA et Suva, «faute de preuves scientifiques», n’encouragent pas de manière active le port d’une telle protection.
Stations plus ou moins à risques
Quant à savoir si certains domaines skiables présentent plus de risques, difficile de se prononcer. Se blesse-t-on plus facilement à Verbier que sur les pentes des Mosses, davantage à Crans-Montana qu’à Villars ou à Gstaad? «On ne peut pas l’affirmer, affirme Heinz Mathys, avocat et spécialiste des dangers sur les pistes depuis plus de trente ans. Mais bien sûr, les risques sont différents à 1500 ou à 3800?mètres d’altitude.»
Une enquête de la SonntagsZeitung dressait un classement en mars dernier.
Grindelwald (Oberland bernois) affichait le taux d’accident le plus élevé sur 16?destinations choisies, soit un pour 8600?descentes sur la saison 2008-09, loin devant Davos (1/10?800), Saint-Moritz (1/18?780), Gstaad (1/24?000) ou Champéry-Les Crosets (1/27?300).