«Un peu de nostalgie» . C'est ce que ressent Micheline Calmy-Rey à quelques jours de son départ à la retraite. Elle a eu «beaucoup de plaisir à représenter la Suisse», confie-t-elle ce jour au «Matin».
Le plaisir n'empêche toutefois pas les regrets. «J'ai essayé de convaincre les Suisses de l'importance de la politique étrangère et je n'ai pas toujours l'impression d'avoir réussi» , dit-elle avant de reconnaître: «Aujourd'hui, il n'y a pas de consensus en Suisse sur toutes les questions de politique étrangère.» Loin s'en faut, serait-on tenté d'ajouter.
Mais tout de même. En la matière, la conseillère fédérale peut se vanter de plusieurs succès. Dont, souligne-t-elle, «la médiation entre la Géorgie et la Russie». Celle-là même qui permet à la Russie d'entrer à l'OMC ce jeudi...après 18 ans d'attente. Rien que ça. Autre réussite de politique internationale: l'oreille que daignent désormais tendre à la Suisse les grands acteurs internationaux. «Quand je suis entrée en fonction, il n'était pas facile de décrocher un rendez-vous avec nos partenaires».
Concordance
Interrogée sur la meilleure formule à retenir pour que le gouvernement soit équilibré, la Genevoise répond: «le système suisse est extraordinairement moderne. [...]La représentation des grandes sensibilités politiques dans le gouvernement couplée avec la démocratie directe permet de faire vivre côte à côte différentes langues et différentes cultures. Ce système doit absolument être préservé. Mais pour qu'il fonctionne bien, cela nécessite que l'on se comprenne.»
Et l'UDC? Trouve-t-elle normal que le plus grand parti politique de Suisse n'ait pas nécessairement deux sièges? «C'est au Parlement qu'il revient d'en décider» , répond-elle laconiquement, à la veille de la répartition définitive des sièges entre les 7 Sages.
Son avenir à l'ONU?
On prête souvent des ambitions onusiennes à la ministre. Qu'en est-il? Interrogée sur ce possible avenir, proche ou moins proche, Micheline Calmy-Rey répond: «Je n'ai jamais réussi à rester assise sur mon canapé».
Et si elle n'avait pas eu des fonctions étatiques, quelle destinée professionnelle aurait-elle aimé mener? «J'aurais adoré être cheffe d'orchestre», confie-t-elle avant de reconnaître qu'il lui aurait probablement manqué «l'étincelle» nécessaire à l'exercice de ce métier.