«La durée d'utilisation d'un sachet en plastique est d'environ 25 minutes avant de finir dans une poubelle», a souligné l'auteur de la motion, Michel Thentz. «Nous pouvons donner un signal fort», a ajouté l'élu qui estime qu'il y a actuellement une utilisation disproportionnée de sacs gratuits fabriqués à partir du pétrole.
Impact sur l'environnement
Le motionnaire attend du gouvernement qu'il prenne des mesures «visant à l'abandon» de la distribution des sachets plastiques en polyéthylène. Il souligne que l'impact environnemental de ce type d'emballage est de plus en plus reconnu et déploré. «C'est un mouvement qui se met en place en Suisse».
«Nous allons montrer l'exemple au reste de la Suisse», a lancé la démocrate-chrétienne Maëlle Willemin qui affirme qu'il existe une alternative avec les sachets biodégradables. Et même l'UDC a estimé que cette motion allait dans le bon sens. Seul le Parti libéral-radical (PLR) et des élus du PDC l'ont refusée.
Revers du gouvernement
C'est en vain donc que le gouvernement a plaidé contre une telle interdiction. Pour le ministre de l'environnement Laurent Schaffter cette «problématique demande une réponse nationale». Il estime que cette mesure sera difficilement applicable sur le seul territoire jurassien. «L'interdiction n'empêche pas l'importation».
Le ministre a également relevé la difficulté de contrôler et de surveiller l'application d'une interdiction dans les commerces de détail. Même s'il dit être conscient du phénomène, le gouvernement jurassien aurait préféré lancer une campagne de sensibilisation ou attendre les conclusions d'un groupe de travail national.
Débats en Suisse
Si le parlement jurassien est le premier à bannir les sachets en plastique, d'autres ont déjà abordé la question. Le Grand Conseil bernois a refusé en novembre d'interdire la distribution gratuite de sacs en plastique. Le Conseil-exécutif bernois préconise une solution au niveau fédéral.
Au Tessin, des parlementaires demandent aussi leur interdiction. Au niveau national, le Conseil fédéral estime qu'une interdiction des sacs en plastique non réutilisables comme disproportionnée. En réponse à une motion de Dominique de Buman (PDC/FR), il estime qu'il faut au plus s'attaquer aux sachets distribués gratuitement.
D'autres pays sont plus avancés que la Suisse. Ainsi en France, les sachets plastiques en polyéthylène devront avoir disparu d'ici 2010. En Grande-Bretagne, les initiatives se multiplient pour en limiter l'utilisation. Même les autorités chinoises exhortent les consommateurs à renoncer aux sacs en plastique.
Des siècles pour se dégrader
Cible des organisations de protection de l'environnement, le sac en plastique est omniprésent dans la vie quotidienne. Il sert ainsi à transporter ses courses ou à emballer un maillot de bain mouillé avant de terminer en sac poubelle.
Mais le plastique n'est pas biodégradable. Il met entre 400 et 1000 ans à se transformer en fragments de plus en plus petits mais toujours porteurs de produits toxiques. Pollution visuelle, le sac plastique est souvent fatal aux animaux marins comme les tortues qui le confondent avec la nourriture ou se retrouvent empêtrés.