Voilà qui va encore durcir les fronts autour de l’initiative sur les armes. Hier, le SonntagsBlick publiait le premier sondage d’opinion sur l’objet soumis au peuple le 13 février prochain. Il en ressort que 45% des 1004?personnes interrogées par l’institut Isopublic acceptent le texte intitulé «Pour la protection face à la violence des armes». Seuls 34% des sondés rejettent ce projet qui vise notamment à interdire la détention d’armes à feu à la maison, souhaite la création d’un registre fédéral des armes et veut faire déposer les armes militaires à l’arsenal en dehors des périodes de service. L’enquête révèle plusieurs divisions au sein de la population. Ce sont les femmes qui, avec 52% de oui, sont les plus ferventes partisanes de l’initiative. Les hommes ne sont que 39% à l’accepter. Les Romands sont plus enclins que les Alémaniques à renvoyer l’arme à l’arsenal: 50% disent oui, contre 43% outre-Sarine.
PDC ennuyé
Les électeurs des villes et ceux des campagnes se regardent également en chiens de faïence: dans les villes, l’initiative obtient 50% de oui (contre 29% de non), alors que dans les régions rurales, elle reçoit 35% de oui, (contre 45% de non). Enfin, si les électeurs du Parti socialiste se prononcent pour l’initiative et ceux du PLR et de l’UDC contre, l’enquête montre que ceux du PDC hésitent: 41% l’acceptent et 39% la refusent. Un résultat qui reflète les hésitations du parti suisse. Alors que le comité de direction s’oppose au projet, plusieurs élus y sont favorables. Il se trouve qu’en cette année électorale, le PDC a de la peine à resserrer ses rangs. Et pour cause! D’un côté, il ne veut pas froisser les électeurs des campagnes qui tiennent à garder l’arme à domicile. De l’autre, il doit ménager les précieux électeurs des régions urbaines… Si le PDC marche sur des œufs, la gauche, elle, se frotte les mains à la découverte de ce premier sondage. Pourtant, à un mois du scrutin, les dés sont loin d’être jetés. L’enquête indique en effet qu’il y a 21% d’indécis qu’il faudra convaincre. Or, l’expérience le montre: plus on se rapproche du scrutin, plus les initiatives peinent à trouver des soutiens. La tâche sera d’autant plus difficile pour les partisans que le texte doit obtenir la double majorité du peuple et des cantons. Or, en Suisse centrale et orientale, la partie est loin d’être gagnée. Pour convaincre ces régions, un nouveau comité de soutien devrait voir le jour cette semaine, annonce Sonntag. Il sera composé de politiciens et de personnalités connues. Et pourra compter sur un soutien inattendu des commandants de police cantonaux. Plus de la moitié d’entre eux soutiendrait l’initiative, déclare le commandant de police fribourgeois Pierre Nidegger dans la SonntagsZeitung. Une prise de position est attendue pour jeudi.
Soldats moins armés
De leur côté, les opposants à l’initiative n’ont pas dit leur dernier mot. Ils n’hésiteront sans doute pas à se servir des chiffres publiés hier dans Sonntag: 88% des soldats n’emporteraient plus l’arme de service à la maison au terme de leur service obligatoire. Si ce chiffre est encore provisoire, il montre que le nombre d’armes stockées au domicile des militaires est en baisse. En 2009, 30% des soldats emportaient encore leur arme et, en 2004, ils étaient 43%.