La semaine qui s’ouvre s’annonce capitale sur le front libyen. C’est en effet demain, soit soixante jours après la signature par Hans-Rudolf Merz de l’accord avec le premier ministre libyen, que les relations bilatérales, diplomatiques et économiques, devraient être normalisées. Hier cependant, la guerre des nerfs continuait.?
Sur le front des visas tout d’abord. La NZZ am Sonntag évoquait une chicanerie administrative appliquée depuis quelque temps aux membres de la nomenklatura libyenne. Grâce aux règles des visas Schengen, la Suisse a la possibilité de bloquer une attribution de visa à des ressortissants d’Etats de son choix, dont la Libye. Pour toute demande déposée, par exemple en Italie ou en Allemagne, la Suisse doit être consultée, et peut dire non. Dès lors, le visa n’est valable que pour un pays. Cette possibilité de veto existe à chaque passage de frontière. Du côté de l’Office des migrations, on ne confirmait ni n’infirmait ce durcissement de la pratique.
Sur le front de l’information, la SonntagsZeitung révélait hier que le régime de Muammar Kadhafi a mandaté une entreprise de relations publiques britannique pour l’informer du contenu des médias suisses. Brown, Lloyd, James ne dispose pas de bureaux ici, mais est active sur le marché libyen.
Selon Jean Ziegler, la transmission d’informations se ferait «presque en temps réel».
Malgré ces tensions, Hans-Rudolf Merz (PLR) reste serein: «Ce délai n’est pas important», a-t-il affirmé sur les ondes de la RSR, l’essentiel étant de faire revenir les otages et de normaliser les relations bilatérales.
«Je suis optimiste» a-t-il conclu. Pour mémoire, c’est l’Appenzellois qui a fixé comme délai du retour le 20 octobre, après avoir fait une annonce similaire pour début septembre.