Claude Froidevaux est décédé samedi d’un cancer à l’âge de 66?ans. Ainsi s’éteint une toute grande voix de la Radio romande. Elle était profonde, intelligente, originale, chaleureuse et drôle. Sa voix en disait long sur Claude Froidevaux, journaliste hors du commun qui au cours de sa longue et très variée carrière à la RSR a véritablement marqué le paysage médiatique romand. Elle en disait long mais ne disait pas tout. Pour saisir l’homme, il fallait croiser son regard, voir son œil toujours pétillant, alerte, curieux de tout, critique et bienveillant à la fois. Claude Froidevaux semblait né journaliste même si avant d’entrer à la radio en 1971, cet universitaire s’est frotté à l’enseignement et fut employé aux PTT.
Moment fort de la première partie de sa carrière: sa couverture de la création du canton du Jura, ces terres dont il est originaire. En 1999, il publiera d’ailleurs un livre sur Jean Béguelin. Nommé à la tête de la rubrique régionale en 1979, il revient toujours au journalisme de terrain qu’il affectionne par-dessus tout. Qu’il soit en poste à Genève, à Washington, où il fut correspondant, ou à Lausanne, Claude Froidevaux montre un même génie à faire vivre l’information.
Racontées par le reporter, les histoires les plus banales pouvaient devenir truculentes, et les informations les plus ardues, aussi poignantes qu’un polar. Il avait le sens de l’info, il la sentait et savait la débusquer, avec cette opiniâtreté propre aux Jurassiens. Sa capacité d’indignation n’avait d’égal que son sens de l’humour qui même dans les moments les plus sombres est resté d’une extraordinaire vivacité.
Au fond, Claude Froideveaux était à la vie comme à l’antenne. Il était convivial, savoureux, pertinent et irrésistiblement drôle avec ce zeste d’irrespect nécessaire. Et surtout, il aimait les gens. Un homme et un journaliste remarquable.