De retour en Suisse après avoir été retenu près de deux ans en Libye, Max Göldi s’est déclaré fatigué mais heureux. Lors d’une conférence de presse lundi à Berne, l’employé d’ABB a expliqué combien a été difficile à vivre l’incertitude et la séparation d’avec les siens. Max Göldi a en revanche éludé les questions trop politiques.
"C’est un moment très émouvant pour moi. Je suis fatigué, mais très heureux", a-t-il déclaré à Berne devant la presse, des trémolos dans la voix. Il a souligné avoir été victime d’un conflit dont il n’était pas responsable. L’ingénieur d’ABB a remercié tous ceux qui se sont engagés pour sa libération, sans oublier son employeur. Il a confié que cet épisode laisserait des traces et qu’il aurait besoin de temps pour retrouver une vie normale.
Max Göldi n’a pas souhaité faire de commentaires sur les aspects politiques. Il a simplement affirmé être convaincu qu’il n’a pas commis d’erreur et que son entreprise non plus. Il n’a pas dit ce qu’il pensait de la responsabilité de Genève ou de la publication des photos d’identité judiciaire d’Hannibal Kadhafi. Peu de précisions non plus concernant la décision de quitter l’ambassade Suisse à Tripoli pour se mettre à disposition des autorités libyennes à la fin février dernier, dont Micheline Calmy-Rey lui a expliqué les implications. Selon Max Göldi, il s’agissait d’apporter une contribution en vue d’une solution à la crise.
Détention "difficile"
L’ingénieur suisse de 54 ans a décrit les conditions dans lesquelles il été retenu en Libye. La situation a été particulièrement dure pendant les 50 jours durant lesquels il a été enlevé et retenu dans une petite chambre aux fenêtre obscurcies: il n’avait pas de moyens de communication et écrivait des lettres qui n’étaient pas transmises. Les gardiens étaient corrects, mais froids.
Max Göldi a aussi relevé les relations d’amitié cordiale qu’il a entretenues avec son compagnon d’infortune Rachid Hamdani, libéré le 23 février dernier. Une fois de retour en Suisse lundi matin il, s’est offert un verre de vin puis est allé dormir.
Porte-parole d’ABB, Ron Popper a salué de son côté le courage de Max Göldi. Jusqu’au dernier moment, il y a eu des doutes et des incertitudes.