Les wagons rouges et blancs du train de légende Glacier Express circulent à nouveau depuis hier matin entre Lax et Fiesch, dans la vallée de Conches (Haut-Valais). C’est là que vendredi, peu avant midi, le convoi touristique déraillait, provoquant la mort d’une Japonaise de 64?ans et blessant quarante personnes. Hier après-midi, la police valaisanne a donné des nouvelles des blessés: quatorze personnes sont encore hospitalisées, dont deux au CHUV, à Lausanne, et une aux HUG, à Genève. Sept blessés – tous des Japonais – sont toujours dans un état grave; deux se trouvent entre la vie et la mort.
Le feu vert pour relancer le trafic du Glacier Express a été donné vendredi soir par le Service fédéral d’enquête sur les accidents des transports publics. Il a fallu ensuite réparer les dommages sur les lieux. Une quarantaine d’ouvriers ont été mobilisés samedi pour débarrasser la carcasse puis remettre en état pylônes et ligne de contact.
Causes toujours obscures
Quant aux causes de l’accident, elles restent mystérieuses. Le conducteur a été entendu et les experts ont mandaté un géologue pour examiner le terrain. Aucune piste n’est écartée: la vitesse excessive du train ou les travaux effectués une semaine auparavant sur le tronçon retiennent l’attention des enquêteurs.
Aujourd’hui lundi, ils feront parler le tachygraphe, l’appareil qui enregistre la vitesse du train, qui dira s’il roulait trop vite. Les wagons, sous séquestre dans un dépôt de Brigue, seront également examinés aujourd’hui. L’enquête pourrait durer quelques semaines. Et les médias nippons, qui ont dépêché une trentaine de journalistes en Valais, n’en perdront pas une miette. «Les attentes au Japon sont grandes et elles sont légitimes», constate Jean-Marie Bornet, chef de l’information de la police valaisanne.
Car dans l’Empire du Soleil levant, ce terrible accident fait la une des médias. Hier, les proches de la Japonaise décédée lors du drame sont arrivés en Suisse et les journalistes nippons ont cherché par tous les moyens à les approcher. «Ils veulent connaître l’emplacement de la dépouille, tenu confidentiel, dans le but de parler à la famille, qui ne souhaite pas communiquer», explique Jean-Marie Bornet.
Dégâts pour l’image?
La police cantonale valaisanne est en contact avec l’ambassade et le consulat du Japon en Suisse. Elle s’attend à l’arrivée en Valais d’autres proches de blessés. Ce drame aura-t-il un impact sur le tourisme nippon dans les montagnes helvétiques? Pour Jürg Schmid, directeur de Suisse Tourisme, interviewé dans le journal Sonntag, «il y aura des annulations à court terme». Alors que les dirigeants de la compagnie Matterhorn Gotthard Bahn, gérant le Glacier Express, ont présenté ce week-end leurs condoléances et leurs excuses aux proches des victimes, certaines voix appellent le Conseil fédéral à faire de même auprès du Japon.
«De notre côté, nous n’avons reçu aucune annulation de groupes, du Japon ou d’ailleurs, indique Helmut Biner, porte-parole de la Matterhorn Gotthard Bahn. Des touristes japonais, confiants, viennent même de réserver pour la fin de juillet.» Les Asiatiques, dont une majorité de Japonais, constituent le quart de la clientèle de la ligne du Glacier Express, précise-t-il.