A Genève, le référendum contre la loi sur la fumée a récolté 14 458 signatures. Les paraphes ont été déposés vendredi au Service des votations et élections par le comité référendaire, emmené par les cafetiers et les Dissidents de Genève.
Laurent Terlinchamp, le président de la Société des cafetiers- restaurateurs (SCRHG), s'est dit satisfait. A Genève, 7000 signatures sont nécessaires pour faire aboutir un référendum. Le comité référendaire a déjà effectué un premier tri pour éliminer les paraphes non valables, a assuré M. Terlinchamp.
Les restaurateurs ont été d'une grande aide pour la récolte des signatures. Entre 600 et 700 établissements ont participé, a fait savoir M. Terlinchamp. Le comité référendaire estime que la loi sur la fumée dans les établissements publics votée en janvier par le Grand Conseil n'est pas assez souple.
«Nous saluons le courage des députés qui ont laissé la possibilité aux restaurants d'aménager des fumoirs, mais nous trouvons cette mesure insuffisante», a relevé M. Terlinchamp. Les référendaires veulent une application de la loi fédérale, qui autorise les établissements de moins de 80 m2 à demeurer fumeurs.
Une vrai saga
A Genève, la cigarette dans les restaurants devient un véritable feuilleton à rebondissements. Il y a un an, les Genevois avaient accepté à près de 80 % une initiative bannissant la fumée de tous les lieux publics. Le Conseil d'Etat avait rapidement élaboré un règlement d'application à cette initiative.
Attaqué, ce règlement a été annulé par le Tribunal fédéral qui a exigé du canton qu'il adopte une loi. Le Grand Conseil s'est mis au travail et a voté en janvier un texte qui autorise l'aménagement de fumoirs dans les cafés et restaurants. Les anti-fumée, estimant que l'esprit de leur initiative avait été bafoué, ont fait recours.
Les cafetiers, de leur côté, considérant que la loi était encore trop rigide, ont lancé un référendum. Il n'est toutefois pas certains que les Genevois pourront se prononcer, car un recours a été déposé contre le référendum par un pharmacien. Ce dernier estime le texte du référendum trompeur à plusieurs égards.