Le Conseil fédéral s’est ravisé. Il est revenu sur sa première intention de ne soumettre au référendum que le premier accord de double imposition signé. Celui que le gouvernement aurait bien voulu lui présenter et qui aurait été immanquablement entaché d’un soupçon. Le peuple, s’il en émet le désir, pourra donc voter sur tous les accords conclus.
Quelle qu’elle soit, une votation sur un accord de double imposition n’est rien de moins qu’une demande de quittance du nouveau secret bancaire par le peuple. Le pervertir d’emblée aurait été fatal. Car, en caricaturant à peine, ses enjeux ne se formulent pas de la même manière s’ils pointent nos relations financières avec la France, l’Allemagne, les Etats-Unis ou les îles Féroé… Ou même, plus sérieusement, le Danemark.
Aussi, le Conseil fédéral propose d’offrir la possibilité de voter sur tous les accords. Il coupe ainsi l’herbe sous le pied à l’UDC qui menaçait déjà de mener campagne en prenant à témoin l’opinion publique du peu de considération que le gouvernement lui porte. Or, le secret bancaire et l’activité de notre place financière – 11,6% du PIB suisse et 30% du PIB genevois – méritent un débat franc, ouvert, débarrassé de toute suspicion.
Passer par une votation sur le secret bancaire n’est pas sans danger, mais c’est surtout le prix à payer pour que notre démocratie directe ait un sens, ne soit pas tordue par des intérêts supposés supérieurs. Les Suisses votent dimanche sur les exportations d’armes et surtout sur les minarets lors d’une campagne qui, elle aussi, n’a pas été sans danger. Pour la cohésion nationale, la paix confessionnelle et notre image à l’étranger… Pourquoi les Suisses ne pourraient-ils pas s’exprimer sur ce qui est le fondement de notre économie?