Editorial

Editorial: Déclaration de guerre au secret bancaire

Par Pierre Ruetschi le 20.02.2009 à 00:00

Depuis hier soir, ce ne sont donc plus quelque 300 noms de fraudeurs qu’exige Washington mais bien 52?000 identités de résidents aux Etats-Unis détenant un «compte secret» chez UBS. Nous voilà à des années-lumière des célébrations du 4 novembre dernier.

Depuis hier soir, ce ne sont donc plus quelque 300 noms de fraudeurs qu’exige Washington mais bien 52?000 identités de résidents aux Etats-Unis détenant un «compte secret» chez UBS. Nous voilà à des années-lumière des célébrations du 4 novembre dernier. La Suisse à l’unisson avec une bonne partie du reste du monde chantait le renouveau d’une Amérique amie de cœur et de valeurs par la grâce de son président fraîchement élu, Barack Obama. Hier, Washington a démontré que lorsque les intérêts des Etats-Unis se trouvent en jeu, il est prêt à user de tous les moyens pour parvenir à ses fins. Ce dernier assaut est si large qu’il prend les formes d’une déclaration de guerre.

Comment imaginer une seule seconde qu’UBS et la Suisse puissent céder sur de telles exigences? Le secret bancaire et la confidentialité dont la lente érosion est débattue depuis des décennies disparaîtraient instantanément. Simple manœuvre d’intimidation? L’IRS, le fisc américain, est réputé pour ses opérations coups-de-poing spectaculaires. Mais il est également connu pour sa ténacité.

Aussi violentes que soient les attaques américaines, aussi douteuses que fut la décision de l’autorité de surveillance, appuyée par le Conseil fédéral, de court-circuiter la justice et la procédure en cours, cela ne doit pas détourner l’attention du premier responsable qui a entraîné la Suisse dans cette spirale infernale: UBS. Et qui peut encore croire qu’il s’agit là de l’ultime rebondissement de l’affaire?

Paradoxalement, la banque aura davantage contribué à faire tomber le secret bancaire que les mieux armés de ses pourfendeurs. Les appels répétés hier pour distinguer fraude et évasion fiscale résonnaient comme des cris de détresse. Les banques suisses qui prospéreront demain sont celles qui miseront dès aujourd’hui sur d’autres atouts que le secret bancaire.

Biens immobiliers

Marché
Recherche immobilière

Liens Immobiliers
Déménager
Comparer hypothèques
Habiter
Publier une annonce
Saisir votre annonce