La SSR a besoin d’argent. Plus de 134 millions de francs par an, estime le Conseil fédéral. Hier, attendu au contour, ce dernier a annoncé ses solutions pour combler les trous. Allait-il céder à la demande de la SSR et augmenter la redevance radio-TV?
Sans surprise, le gouvernement épargne le porte-monnaie du consommateur. Et, reconnaissant les besoins financiers de la SSR, il table sur une hausse de 64 millions de francs du produit de la redevance, le nombre de personnes assujetties au paiement de cette taxe étant appelé à augmenter. Mais pour maintenir à flot le service public, le Conseil fédéral accepte aussi une libéralisation de la publicité. Les écrans de pub vont donc fleurir: la SSR pourra désormais augmenter son temps de réclames quotidien de 8 à 15%. Et ainsi renflouer ses caisses de 6 millions par an.
Mais cela ne suffira pas. Et une autre mesure décidée par les sept Sages fait grincer des dents: la SSR est désormais autorisée à glisser des pubs sur ses sites internet. Mais à condition seulement qu’elle trouve un accord avec les médias privés – seuls autorisés pour le moment à héberger de la pub online. Si la SSR affirme sa volonté de nouer un dialogue fructueux, les négociations s’annoncent d’ores et déjà crispées: «Nous sommes très déçus face à cette décision incompréhensible, réagit Daniel Hammer, secrétaire général de l’association des éditeurs romands, Presse Suisse. Nous maintenons notre position, exigeant qu’aucune pub ne soit autorisée sur les sites de la SSR, déjà payés par la redevance, alors que les éditeurs les financent par des moyens privés. C’est un combat à armes inégales.»
«Concurrence déloyale»
Moritz Leuenberger est conscient des réticences, lui qui évoquait hier en conférence de presse la création «d’une nouvelle concurrence» entre la SSR et la presse écrite. Si aucun accord n’est trouvé, il reviendra au Conseil fédéral de trancher.
Au parlement, les élus sont partagés, sauf sur la nécessité d’une meilleure maîtrise des coûts. La conseillère aux Etats Géraldine Savary (PS/VD), regrette cette «fausse solution qui ne va satisfaire personne». Pour elle, le remède aurait dû passer par une hausse modeste de la redevance et un élargissement de la palette des contributeurs. Avis opposé de Jean-René Germanier. Le conseiller national valaisan (PLR) juge un compromis envisageable: «Les éditeurs devraient se montrer ouverts. En contrepartie, la TSR pourrait donner ses images aux sites des éditeurs, qui n’ont pas forcément les moyens de produire du contenu.»