UDC cherche candidats... Alors que le parti peine à trouver des papables pour l’élection au Conseil fédéral, le 14 décembre, il doit désormais aussi réfléchir à l’élection de la présidence du groupe politique de l'Union démocratique du centre (UDC). Après dix ans de services, Caspaar Baader confirme qu’il rendra son tablier au mois de janvier.
«Je vais encore effectuer la session de décembre à la tête du groupe, mais après j’arrête», explique le conseiller national bâlois. Son ou sa successeur sera élu mi-janvier lors d’une séance extraordinaire.
Mais, au sein du parti, les avis divergent sur la personnalité du futur chef. Ce dernier doit connaître ses dossiers, être fin stratège et représenter le parti au parlement. «A l’UDC, on préfère aussi qu’il siège au Conseil national, une chambre plus politisée que les Etats», explique Caspar Baader. Des critères qui poussent certains élus à rêver d’un retour de Christoph Blocher, tout juste réélu au Conseil national.
«Les divas se font toujours désirer»
«Il est le candidat naturel, estime Oskar Freysinger, conseiller national valaisan qui rêve, de son côté, d’obtenir un poste de vice-président du parti. Christoph Blocher est doué sur tous les dossiers, connaît le fonctionnement du Conseil fédéral et s’avère très fort en stratégie politique. En plus, je ne crois pas qu’il ait envie de revenir sous la coupole pour jouer les seconds couteaux.»
N’empêche que le principal intéressé semble se tâter. «Il ne cherche pas ce rôle-là», révèle Caspar Baader. «Il ne veut pas de ce poste», ajoute un proche du tribun. «Les divas se font toujours désirer, rétorque Oskar Freysinger. Je proposerai de toute façon son nom au groupe et tenterai de convaincre mes collègues de l’élire.»
Un travail de longue haleine, si on en croit le Blick. Le quotidien alémanique a interrogé plusieurs élus suisses alémaniques. Il en ressort qu’après la chute électorale du parti le 23 octobre, beaucoup souhaitent désormais un chef plus consensuel.
Surtout pas un ancien conseiller fédéral
Ainsi, le Bernois Andreas Aebi, cité par le journal, souhaite «une personnalité rassembleuse à l’intérieur du parti mais aussi à l’extérieur.» Le Schaffhousois Thomas Hurter, lui, ajoute qu’il faut quelqu’un qui travaille davantage avec les autres partis.» «C'est-à-dire une personne qui n’a pas été évincée du Conseil fédéral», ajoute un élu Romand plus discret. Exit donc Christoph Blocher.
Mais qui d'autre? La Zurichoise Natalie Rickli ou Adrian Amstutz sont souvent cités. Mais la première affirme avoir «trop de travail» et le second pourrait être réélu au Conseil des Etats au second tour bernois. «Les candidats ne se bousculent pas au portillon», reconnaît Yvan Perrin, vice-président du parti. «Alors pourquoi pas un Romand? s’interroge Caspar Baader. Si nous avons deux conseillers fédéraux alémaniques, le chef du groupe pourrait être romand.» En ligne de mire, le Fribourgeois Jean-François Rime ou le Vaudois Guy Parmelin, s’il n’est pas élu aux Etats.
L’UDC dans l’opposition?
Le nom du futur chef de groupe dépendra donc de l'élection au Conseil fédéral. Et Oskar Freysinger de rappeler que l’UDC est loin d’y avoir acquis son deuxième siège. Quid s'il ne l'obtient pas? Dans ce cas, comme bon nombre de ses collègues, le Valaisan souhaite que l’UDC retire Ueli Maurer du Conseil fédéral et entre dans l’opposition. «Ce qui nous incitera alors à élire une personnalité forte à la tête du groupe." Soit Christoph Blocher.