SANTÉ

Les césariennes sont en plein boom: confort ou nécessité?

Par CÉDRIC WAELTI le 05.12.2008 à 00:00

En Suisse, un enfant sur trois naît dans un bloc opératoire. Les sages-femmes y voient une dérive. Médecins et jeunes mamans répondent.

De plus en plus d’accouchements se terminent au bloc opératoire. En Suisse, près d’un enfant sur trois est mis au monde par césarienne. Un chiffre qui fait bondir la Fédération suisse des sages-femmes (FSSF). Car entre 1998 et 2007, la moyenne suisse des accouchements par césarienne est passée de 22,7% à 32,2%. Selon la FSSF, cette augmentation s’explique surtout par le côté commode de l’opération. Les équipes médicales peuvent la planifier longtemps à l’avance. Dans des tranches horaires «acceptables». «Un accouchement par voie basse, en revanche, peut avoir lieu la nuit ou le week-end et peut durer très longtemps», compare la FSSF.

La critique n’est pas fondamentalement nouvelle. Mais elle ne cesse de prendre de l’ampleur. Avec raison? Les médecins pousseraient-ils parfois à «la consommation»? Cette jeune maman le pense. Puisque son bébé se présente par le siège, son gynécologue prévoit une césarienne, agendée dans un hôpital public. Mais quelques jours avant l’intervention, l’enfant se retourne. Un accouchement naturel devient alors parfaitement envisageable. «L’équipe médicale ne voulait pas déprogrammer la césarienne», raconte la jeune femme. «La gynécologue m’a dit que beaucoup de femmes demandaient cette intervention et qu’il fallait en profiter. J’ai dû insister pour accoucher par voie basse.

Après coup, j’ai sollicité des explications. Un médecin m’a fait comprendre qu’à cause de moi, il avait dû commencer sa journée à quatre heures du matin, au lieu de huit.»

Proposée spontanément

Une jeune Vaudoise, qui attend son deuxième enfant, a été un peu surprise lorsque son gynécologue lui propose spontanément une césarienne. «Est-ce parce que j’en ai déjà subi une première?» questionne Carole. «Je trouve en tout cas curieux de me parler de cette éventualité alors que cette fois les choses se présentent bien», ajoute-t-elle. Le professeur Patrick Hohlfeld, chef du département de gynécologie et obstétrique du CHUV, rappelle pourtant qu’une première césarienne en appelle souvent une deuxième. «Car après, le risque de complications, si on opte pour un accouchement naturel, est plus important», souligne-t-il. «Cela explique en partie la hausse constatée par les sages-femmes.» Le professeur Hohlfeld conteste en revanche une augmentation qui serait justifiée par le confort des équipes médicales. «Dans un établissement public, le personnel est présent 24?h/24, donc cela ne change rien. Dans les cliniques privées, le problème est différent…»

Césarienne «de Verbier»

Chez certains praticiens, on évoque ainsi la césarienne «de Verbier». Celle qui se pratique le vendredi soir, avant de monter au chalet…

Gabriel de Candolle, président du Groupement des gynécologues genevois, balaie le cliché. «J’accouche des patientes dans une clinique privée, et je peux vous dire que cela n’est pas le cas. Si vous faites une intervention le vendredi, le samedi vous devez vous déplacer pour un contrôle postopératoire.»

Pour Gabriel de Candolle, le boom des césariennes trouve son origine dans une évolution des connaissances et des pratiques médicales. «Auparavant, même lorsque l’enfant se présentait par le siège, on tentait un accouchement pas voie basse. Aujourd’hui, on considère que cela est trop risqué. D’une manière générale, on mesure mieux les complications possibles d’un accouchement naturel.»

Les mentalités et les attentes de la famille, elles aussi, ont évolué. «Autrefois, même si cela peut choquer, les parents acceptaient l’idée d’avoir un enfant avec des séquelles après un accouchement par voie basse. Aujourd’hui, c’est exclu. La césarienne nous offre donc une sécurité supplémentaire.»

«Il est vrai que pendant cette intervention, le risque de complications est faible», poursuit le professeur Hohlfeld, qui refuse toutefois de banaliser la césarienne. «On interfère avec le processus naturel et cela peut avoir des conséquences sur le nouveau-né. Notamment sur le plan respiratoire.» Malgré cela, un certain nombre de femmes revendiquent aujourd’hui le droit à la césarienne auprès de leur médecin. A l’instar de Christine. «Je ne voulais pas assumer les conséquences physiques d’un accouchement pas voie basse. Je suis très satisfaite de ce choix.»

Sondage

Faut-il vraiment payer 1,7 milliard pour creuser sous la gare Cornavin au lieu de l'agrandir en surface?




Service clients

  • Abonnements et renseignements
    Nous contacter
    lu-ve 7h30-12h/13h30-17h
    Tél. 0842 850 150, Fax 022 322 33 74
    Depuis l'étranger: +41 22 322 33 10
    Adresse postale: Service clients
    CP 5306 - 1211 Genève 11

Le monde en images

SEARCH.ch

Commerce

Biens immobiliers

Marché
Recherche immobilière

Liens Immobiliers
Déménager
Comparer hypothèques
Habiter
Publier une annonce
Saisir votre annonce
A vos grils, prêts?
Nous nous sommes procuré les conseils les plus avisés Plus

En coopération avec:

Homegate

Sondage

Faut-il interdire le démarchage par téléphone?




Sondage

Pensez-vous que François Hollande pourra relancer la croissance en Europe?





Dernières offres

Marché

Sondage

Dix ans après, comment jugez-vous Expo.02?




Tous les dessins d'Herrmann