Ce dimanche, ils étaient quelques centaines de catholiques, sans doute entre 1500 et 2000, à s’être donné rendez-vous devant l’église des Jésuites de Lucerne, avec un mot d’ordre: «Manifester plutôt que de se retirer.»
Pour les participants qui n’ont pas du tout apprécié la réconciliation entre Benoît XVI et la Fraternité Saint-Pie X, il s’agit de contester une Eglise catholique devenue autoritaire, étroite d’esprit. Mais si le ton est ferme, l’humour n’est pas absent. L’envoyé des évêques suisses, Martin Werlen, abbé du monastère d’Einsiedeln, recevra pour sa part un maillot avec ces quelques mots: «L’Eglise bouge». Il parlera même devant la foule qui l’applaudira. «Nous vivons une période très dure. Il reste beaucoup de choses à mettre en œuvre par rapport à Vatican II.»
«Benoît XVI a remis en cause les acquis de Vatican II», déplore le capucin Anton Rotzetter, figure de proue de la contestation. «Il y a pourtant eu 4500 votes lors du concile pour établir ces avancées de l’Eglise catholique. La levée de l’excommunication des évêques intégristes est un scandale.»
«Le concile Vatican II n’est pas négociable!»
Après un défilé au bord du lac, Anton Rotzetter déclenchera des tonnerres d’applaudissements avec des formules chocs. «Non, le Concile Vatican II n’est pas négociable, ni la tolérance, ni la nouvelle liturgie, ni l’œcuménisme, ni le dialogue avec les juifs, avec d’autres religions.»
Dans l’assistance, difficile de trouver des catholiques de Suisse romande. Dominique Voinçon, théologien et assistant pastoral de l’Eglise catholique, est venu de Payerne avec sa femme et sa fille Laeticia. «Benoît XVI prend ses décisions tout seul. Il met les évêques et les fidèles devant le fait accompli. Sur la liturgie, sur les levées des excommunications. Jean Paul II avait fait des ouvertures. Benoît XVI va dans le sens de la fermeture.»
Un peu à part, alors que le cortège s’ébranle, un des organisateurs, le théologien Florian Flohr, a le sourire aux lèvres. «Nous attendions 500?personnes. Nous sommes contents que les gens réagissent au lieu de quitter l’Eglise. Partir n’est pas la solution. Les impôts ecclésiastiques ne vont pas à Rome. Mieux vaut financer une Eglise ouverte.»
Le pape en mai en Israël
Le pape Benoît XVI a annoncé hier qu’il se rendrait pour la première fois en Terre-Sainte, du 8 au 15 mai. Il fera étape à Jérusalem, Bethléem, Nazareth et Amman. Si le programme détaillé du voyage n’a pas encore été dévoilé, l’agence d’informations religieuses I.Media indique que Benoît XVI devrait d’abord se rendre en Jordanie, du 8 au 11 mai. Il devrait y entrer une nouvelle fois dans une mosquée, après la mosquée Bleue d’Istanbul en décembre 2006. Le séjour en Jordanie pourrait aussi être l’occasion pour Benoît XVI de rencontrer
des évêques irakiens.
Du 11 au 15 mai, le pape séjournera en Israël. Il se rendra à Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem, ainsi que sur
l’esplanade des mosquées et au mur des Lamentations, comme le fit son prédécesseur, Jean Paul II, en mars 2000. Benoît XVI devrait aussi passer une journée dans les territoires palestiniens, le 13 mai selon I.Media.
(ats/afp)