Il est en forme, Johan Vonlanthen. Et le Fribourgeois le confirme à chaque sortie sous le maillot du FC Zurich, club qu’il a rejoint en début de saison.
Avant le déplacement des champions de Suisse à Milan mercredi soir et à l’occasion du portrait que nous lui consacrons dans la rubrique «Zone V.I.P.» de notre journal, nous avons longuement conversé avec son entraîneur, le très sympathique Bernard Challandes.
Johan Vonlanthen est souvent présenté comme un joueur caractériel. Est-ce aussi votre avis, vous qui le connaissez bien?
Non. Il ne faut pas le cataloguer ainsi. Ce n’est pas un caractériel. A l’époque, il a certes connu des problèmes, mais il a évolué. Il est différent d’avant, du jeune homme qu’il était à seize, dix-sept ans. Et heureusement, d’ailleurs. C’est avant tout un footballeur qui aime jouer, qui veut jouer.
Pourquoi a-t-il toujours cette étiquette dans le dos?
Cela vient en grande partie en raison du malentendu de 2003 (ndlr: Vonlanthen avait refusé de s’asseoir sur le banc des M-21 helvétiques). Il faut aussi remarquer que Johan a parfois été mal conseillé. Il n’a pas toujours effectué les bons choix. Sans doute par manque de maturité. C’était un gamin de caractère. Pas un caractériel.
Ses erreurs sont-elles aussi dues à une certaine timidité?
Peut-être. Mais sa carrière a connu nombre d’événements en un temps restreint. C’est peut-être allé trop vite pour lui. Les gens lui en demandaient beaucoup et il n’a ni su confirmer, ni su gérer. Ce n’était pas évident. Il n’est ni le premier, ni le dernier sans doute, à se retrouver dans pareille situation.
Le fait d’être ballotté entre deux cultures a certainement joué un rôle…
Bien sûr. Et puis, Johan a connu beaucoup de choses dans son enfance, puis est arrivé très jeune dans l’élite helvétique. Il a aussi marqué ce fameux but à l’Euro 2004, qui l’a fait entrer dans l’histoire. Il a dû trouver sa voie.
Il semble plus mûr, maintenant…
Oui, il a passablement mûri. Il est plus stable dans sa carrière professionnelle et dans sa vie d’homme. Il a connu des périodes difficiles, mais paraît s’en être sorti. Il faut désormais qu’il continue d’aller de l’avant. Qu’il confirme.
En 2003, à l’époque du clash, vous étiez l’entraîneur des M-21 ans. Est-ce à dire que vous avez pardonné son geste?
Ce qui s’est passé il y a six ans n’était pas dramatique. Johan méritait une seconde chance. Il a su la saisir. Il redonne la confiance qu’on lui accorde. Sa réaction n’était pas celle d’un enfant gâté.
Au fond, Vonlanthen est comme vous. C’est un passionné…!
Oui, c’est vrai. Il aime le jeu et cela se sent, se voit. Par exemple, avant notre match contre le Real Madrid, il a pris des tas de renseignements en Espagne. L’autre jour, il s’est également rendu à Milan pour voir jouer l’AC…!
Est-ce que ce prêt d’une saison au FC Zurich est sa dernière chance de rebondir?
Non. Cela reflète simplement une preuve d’évolution. Contrairement à d’autres de ses compatriotes, il a osé revenir en Suisse pour se relancer. Il a délaissé un gros salaire afin de bénéficier d’un temps de jeu plus élevé. C’est une décision courageuse. En ce début d’exercice, il est exemplaire. Il remplit des tâches qu’il n’aurait jamais effectuées auparavant. Vonlanthen travaille désormais pour l’équipe. Cela va dans le sens des discussions que nous avions eues avec lui lorsque nous l’avons engagé.
La presse zurichoise a dit que c’était un risque considérable que de l’enrôler au FCZ…
Oui, car nous avions déjà tout d’une vraie équipe. Mais Johan a été parfait dans son intégration. Il a su faire preuve d’humilité, de modestie. Tout le monde l’a bien accepté en voyant les efforts qu’il a déployés. Nous avons une option sur lui. Il doit maintenant se faire violence et montrer ses grosses qualités sur la longueur.