Genève affiche le taux d'interruptions volontaires de grossesses (IVG) le plus important de Suisse. On compte dans le canton 14 interruptions pour 1000 femmes âgées de 15 à 44 ans, contre 6.4 à l'échelon national. Recensés en 2009, ces chiffres sont parus dans le bulletin statistique du mois d'octobre, mais la tendance actuelle reste identique.
En incluant dans le dénombrement les IVG de femmes domiciliées dans un autre canton (22) ou à l'étranger (52), ce sont au total 1409 IVG qui ont été pratiquées dans le canton de Genève l'année dernière.
Il existe des différences entre les zones rurales et les agglomérations urbaines. Pourtant, Genève présente un taux d'IVG bien plus important qu'un canton comparable comme Zurich. Les raisons se situeraient principalement dans la présence d'étrangers en situation de précarité au bout du lac. "C'est la seule explication à ce jour" explique Lorenza Bettoli du planning familial. "Il y a à Genève plus d'étrangers qu'ailleurs en Suisse. Les statistiques du canton de Vaud ont montré que les femmes d'origine subsaharienne et sud-américaine ont un fort taux de recours à l'avortement. Nous n'avons pas d'étude genevoise sur ce thème mais notre canton abrite proportionnellement plus de migrantes de ces régions."
Plusieurs spécialistes réunis lors d'une conférence sur ce thème organisée par les HUG et le Planning familial ont ainsi précisé que "la population migrante est défavorisée sur le plan de la santé en général et notamment en matière de santé sexuelle et reproductive".