Le gouvernement libyen donne officellement son point de vue sur la crise qui l'oppose à la Suisse. Dans un document publié sur son site internet, il reproche à la Suisse d'être responsable de l'escalade diplomatique entre les deux pays, a révélé jeudi la Radio suisse romande.
Publié en arabe sur le site du ministère libyen des Affaires étrangères, ce document a été découvert jeudi par Hasni Abidi, directeur du Centre d'études du monde arabe et méditérannéen (CERMAM) et spécialiste de la question libyenne.
Sur les ondes de la RSR, M. Abidi a expliqué qu'il s'agit d'un document confidentiel de quatre pages, adressé par les Libyens au Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE). Contacté par l'ATS, ce dernier a livré un «no comment» total.
Selon Hasni Abidi, le gouvernement libyen y énumére 27 points de litige avec la Suisse, depuis le 15 juillet 2008, date de l'arrestation à Genève d'Hannibal Kadhafi, fils du colonel et dirigeant libyen.
Parmi ces points, le spécialiste cite la non-collaboration entre le DFAE et Genève, la publication des photos de police d'Hannibal Kadhafi ou la déclaration du futur conseiller fédéral Didier Burkhalter, sur un usage éventuel de la force pour libérer les otages suisses.
«Retour à la case départ»
«Les Libyens s'impatientent», analyse Hasni Abidi. «Ils veulent commencer une nouvelle offensive, à la fois juridique et de communication. Ils disent: voilà nos raisons pour un durcissement.»
«On est revenus à la case départ», estime encore le spécialiste. «On souffle le froid et le chaud, on essaie de voir comment Berne va réagir.» Selon lui, après les signaux positifs de la semaine en cours, il s'agit d'une nouvelle douche froide sur les espoirs que pouvaient avoir les deux otages suisses d'un éventuel retour au pays pour le Nouvel-An.
«Mais avec la Libye, on n'est jamais à l'abri d'un rebondissement», ajoute M. Abidi.