Treize aces, 54% de premiers services, 58 coups gagnants, 35 points sur 49 gagnés au filet: Stanislas Wawrinka a sorti la grosse artillerie pour venir à bout d’Andy Murray (6-7 7-6 6-3 6-3), pourtant considéré, au même titre que Roger Federer et Rafael Nadal, comme l’un des principaux favoris à la couronne.
Dès le début, le Vaudois a tenu à prendre les initiatives, s’échappant à 5-2, mais se laissant remonter au moment de servir pour conclure le premier set (il mènera 5-3, 30-0 sur son service). Rageant, d’autant plus qu’Andy Murray fera la différence au tie-break, aisément remporté 7-3. L’Ecossais semble alors prendre l’avantage, breakant d’emblée Wawrinka au début du 2e set pour mener 3-0. Cette fois-ci, c’est l’outsider suisse qui s’essaie à la course-poursuite, avec succès, et remet les compteurs à zéro, à nouveau lors d’un tie-breakk, conclu 7-4.
A une manche partout, le match prend une autre tournure. Equilibré jusque-là, le duel est dominé par Stanislas Wawrinka qui met les 10 000 spectateurs du Stade Louis Armstrong dans sa poche, les faisant bondir de leurs sièges. Amorties, accélérations et variations de coups sapent le moral d’Andy Murray, par ailleurs diminué physiquement. «Je n’étais plus au mieux de ma forme, confirmera-t-il par la suite, sans vouloir se chercher d’excuses. J’ai souffert au niveau des quadriceps.» La 3e manche est unitérale: 6-3 pour Wawrinka.
Reste le plus dur à accomplir, chasser les démons du passé, comme le souvenir de Wimbledon 2009 où Stanislas avait déjà tutoyé l'exploit, avant de s’effacer en cinq manches devant Murray. Il n’en sera rien cette fois-ci. Après plus de 3 heures et 50 minutes de jeu, le finaliste de l’US Open 2008 et Melbourne 2010 annule une première balle de match d’un coup droit plongeant. Mais la deuxième lui sera fatale. Le doigt levé, Stanislas Wawrinka peut jubiler…