Quoi qu’il arrive mardi et les matches suivants, si d’aventure Genève-Servette devait poursuivre sa route dans les séries finales, il faudra songer à ériger une statue à la gloire de Tobias Stephan dans l’enceinte des Vernets. Le grand homme du tour qualificatif, en perte de vitesse à l’attaque des play-off, a livré le match parfait, samedi à la patinoire de Saint-Léonard. Le portier des Grenat a rendu une fiche de 95% (37 tirs stoppés sur 39).
Tobias Stephan, mitraillé sous tous les angles, a surtout permis à Genève-Servette de rester dans la partie au premier tiers-temps, voire même au deuxième. «Si Fribourg avait mené 3-0, reconnaissait Louis Matte, personne n’y aurait rien trouvé à redire.»
Autant dire que Gottéron s’en voulait d’avoir galvaudé un paquet de chances de scorer. Sur ses jeux de puissance surtout et notamment pendant les 88?secondes au cours desquelles il a œuvré à cinq joueurs de champ contre trois. Mais la mitaine magique du portier des Grenat a notamment dégoûté Casutt (20e).
Beaulieu n’a jamais douté
Malgré quelques séquences malheureuses dans la série, Sébastien Beaulieu, l’entraîneur de Tobias Stephan, n’a jamais douté de son gardien fétiche. «Samedi, c’était un match pour lui, lâchait-il, car Fribourg a mis moins de trafic devant lui que lors des précédentes parties (ndlr: sauf sur l’égalisation à deux partout à quatre minutes de la fin du temps réglementaire). Il a réalisé un gros match. Il ne reste plus maintenant qu’à remettre l’ouvrage sur le métier mardi.» Et à livrer une nouvelle fois la marchandise.
Tobias Stephan n’a pas été le seul héros de la soirée dans le camp grenat. A l’ordre des mérites, il faut aussi citer Rivera, impliqué sur l’égalisation (1-1), et auteur du 2-1 après une échappée belle, chaque fois après avoir abusé Collenberg, qui aurait été plus utile à son équipe dans les tribunes que sur la glace. Ironie de l’histoire: le défenseur No 25 de Gottéron, d’abord privé de l’acte No 6, a vu sa suspension levée par le juge unique. Comme Rubin, dans le camp adverse.
On n’oubliera pas non plus de tresser des louanges à Salmelainen, étrangement délaissé par la défense fribourgeoise et plein de sang-froid face à Caron (1-1). Ni bien sûr à Conz, qui a brûlé la politesse à Jeannin pour marquer le but de la victoire à 18?secondes seulement du coup de sifflet final! Alors que les deux équipes, fatiguées, semblaient vouloir éviter à tout prix de jouer la prolongation.