Le but de Shaqiri à la 71e n’a pas suffi à une équipe de Suisse qui a évolué en infériorité numérique lors de la dernière demi-heure en raison de l’expulsion de Lichtsteiner. S’il n’hypothèque pas les chances de qualification, ce résultat place la Suisse le dos au mur le 8 octobre prochain au Montenégro. Les Suisses n’auront, cette fois, pas le droit de perdre contre un adversaire qui a vient de battre le Pays de Galles et la Bulgarie.
La victoire des Anglais ne souffre aucune discussion. La formation de Fabio Capello a dominé les débats contre des Suisses qui accusent deux handicaps de taille: l’absence d’un véritable patron en ligne médiane et le manque d’efficacité de ses attaquants. Gökhan Inler n’a pas évolué dans le registre qui était le sien contre l’Espagne et le Chili. Le demi de l’Udinese a perdu trop de ballons.
Quant à Frei et Derdiyok, ils ne furent pratiquement jamais en situation de marquer. Tranchants dans leur club respectif, les deux hommes sont «muets» en sélection depuis une année. Quand retrouveront-ils la confiance?
Bâtie pour tenir le plus longtemps possible le 0-0, la Suisse tombait de très haut à la 10e minute. Un duel perdu par Ziegler devant Glen Johnson plaçait la défense helvétique dans une position inconfortable. Defoe laissait filer le centre du latéral de Liverpool pour le plus grand bohneur de Rooney. Dans l’oeil du cyclone depuis la révélation de son infidélité, l’attaquant de Manchester marquait le but, son premier de l’année en sélection, qui sonne un peu comme celui du grand pardon.
Ce but plongeait la formation d’Ottmar Hitzfeld dans un profond désarroi. Cette première mi-temps devenait de plus en plus pénible pour une équipe incapable de poser le jeu, incapable surtout d’adresser le moindre tir cadré. Sans un grand Benaglio, décisif à deux reprises devant Defoe, et un réflexe salvateur de Grichting après un raid d’Adam Johnson, qui avait relayé Walcott blessé sur l’action du but de Rooney, les Suisses auraient déjà perdu le match à la pause. A 1-0 - seulement - pour l’Angleterre, ils regagnaient les vestiaires sonnés mais toujours debout.
A la pause, Ottmar Hitzfeld lançait Shaqiri pour un Margairaz qui n’avait pas franchement davantage démérité que David Degen. Le joueur des Young Boys semblait écrasé par le poids de l’événement. Son maintien dans la partie suscitait des interrogations légitimes. Elles étaient toutefois balayées à l’heure de jeu avec deux actions qui amenaient enfin le feu dans la surface anglaise.
Ottmar Hitzfeld ne choisisait sans doute pas le bon moment pour le remplacer par Streller. L’expulsion de Lichtsteiner quelques instants plus tard pour un second carton qui semblait justifié, stoppait net le bel élan des Suisses. A dix contre onze, revenir au score devenait mission impossible. A la 69e, les Suisses étaient piégés sur une ouverture diabolique de Gerrard pour Adam Johnson qui effaçait parfaitement Benaglio.
Mais alors que l’on pouvait redouter le pire, une frappe venue de nulle part de Shaqiri redonnait un fol espoir au public rhénan. Le joueur du FCB trouvait la lucarne de Hart pour son premier but en sélection. Dans l’adversité, cette équipe avait retrouvé du coeur! Mais le dernier mot revenait aux Anglais avec Bent qui fusillait le pauvre Benaglio à la 88e.