C’est la réponse du berger à la bergère. Malgré l’absence de ses pions clés Shawn Heins et Serge Aubin, un passif de deux buts après 17?minutes et le fait d’évoluer en terres ennemies, Fribourg-Gottéron a rappelé, si besoin était, que le duel romand est appelé à durer…?
Pour ne pas faire les choses à moitié, les Fribourgeois ont poussé le vice jusqu’à répliquer de la même manière que celle utilisée par Ge/Servette jeudi. Lors du round précédent, les Grenat avaient réagi en 20?secondes à l’ouverture du score. Samedi, les Dragons ont fait encore mieux. Il ne leur a fallu que six secondes pour sortir de leur boîte, après avoir encaissé le 2-0 signé Jeff Toms.
Excès de confiance dans le camp servettien qui a cru avoir fait le plus dur? Oui, selon plusieurs joueurs de Gottéron. Non catégorique chez les principaux concernés. «Nous n’avons pas du tout pris notre rival à la légère, rétorque Tony Salmelainen, le meilleur sur la glace lors de l’acte III. Nous savions à quoi nous attendre et, à ma connaissance, il y avait toujours autant de joueurs changés chez eux. C’est un sport collectif.»
La mariée s’est peut-être vue, malgré tout, trop belle, s’imaginant difficilement perdre deux fois de suite aux Vernets. «Nous ne méritions tout simplement pas de gagner», remarque Chris McSorley, bien plus critique envers ses hommes qu’envers les arbitres qui ont accordé le but victorieux en prolongation, après que Sandy Jeannin soit parvenu à glisser, sous le corps du gardien Tobias Stephan, le puck, qui semblait dans un premier temps bloqué.
Difficile de crier au scandale. Après tout, les arbitres principaux Stéphane Rochette et Nadir Mandioni ont longtemps consulté la vidéo avant d’accorder le dernier but. «Nous sommes persuadés d’avoir pris la bonne décision, expliquait Nadir Mandioni à Louis Matte, coach assistant. Le puck aurait dû être bloqué pendant trois secondes et être clairement contrôlé par le gardien, ce n’était pas le cas. Les images montrent que le gardien lui-même ignore où se trouve le puck.»
Le lapsus de Bezina
Tout au plus auraient-ils pu siffler plus tôt. «Mais les dieux du hockey n’étaient pas avec nous», relève Tony Salmelainen, qui s’en veut de ne pas avoir marqué plus d’une fois, malgré plusieurs occasions. Son ouverture du score à la 11e?minute, où sa puissance et sa célérité ont laissé sur place Jeannin et Ablanalp, n’a pas eu de suite concrète. Même pas à la 47e?minute, seul face à Caron. «Je suis tombé au dernier moment», regrette-t-il.
Tony Salmelainen et ses compères Savary et Déruns (touché durant le 2e tiers à la cuisse, mais revenu sur la glace au 3e) sont les derniers à devoir se faire des reproches. L’occasion de se réjouir du retour au jeu de Juraj Kolnik mardi, pour répartir un peu mieux le poids des responsabilités offensives. «D’autres n’ont pas répondu présent», peste Chris McSorley.
C’est un lapsus fatal de Goran Bezina, jusque-là excellent (puck mal contrôlé), qui a permis à la 56e?minute à Corsin Casutt de relancer les Dragons. Tendant à confirmer que l’avantage de la glace, dans cette série, n’est que pure théorie. «C’est difficile à expliquer, s’interroge Tony Salmelainen. Disons que dans un premier temps, ce sera à nous d’en profiter mardi lors de notre déplacement à Fribourg.» Où Ge/Servette s’est toujours imposé cette saison…
Alain Birbaum règle ses comptes
Homme de tempérament sur la glace et dans le verbe, Alain Birbaum ne masque pas sa double joie: avoir repris l’avantage dans le duel et, selon lui, remis les pendules à l’heure après les «provocations genevoises».
Orphelin de Shawn Heins, son compère en défense, Alain Birbaum met à son tour de l’huile sur le feu. Le tournant du match? «C’était avant son début, lance-t-il. Quand l’équipe a vu Daniel Rubin dans l’alignement de Ge/Servette, alors qu’il a fait le mort pendant 20?minutes jeudi à Fribourg.»
Devant les vestiaires des Vernets, le défenseur n’est pas le seul représentant des Dragons à user de sarcasmes en évoquant l’agression de Heins sur Rubin lors du 2e acte. «Le geste de Heins était une erreur, il l’a d’ailleurs reconnu et s’en est excusé. Mais de là à en faire tout un plat, je n’apprécie pas vraiment. Nous avons d’abord crû que Rubin était salement blessé, puis on apprend qu’il a une commotion cérébrale et, subitement, le revoilà en compétition.»
Sur sa lancée, Alain Birbaum, l’un des joueurs les moins appréciés par le kop grenat en raison de ses provocations (samedi encore, il a «allumé» le public après la sirène finale), règle ses comptes. «Ge/Servette nous a snobés, mais nous avons prouvé que nous formons une équipe de 25 joueurs.»
Très en verve, le No 61 des Dragons conclut. «Ça commençait à bien faire avec certains Servettiens qui nous prennent de haut. Rivera nous a insultés, Mercier a traité Heins de tous les noms, Bezina ne nous respecte pas. Y en a marre…» Méfiez-vous des eaux dormantes… (olb)
GS - Fribourg 3-4 ap (2-1, 1-1, 0-1)
Vernets, 7202 spectateurs (guichets fermés)
Arbitres: MM. Mandioni, Rochette; Wehrli, Wirth.
Buts: 11e Salmelainen (à 4 c 5!) 1-0, 17e (16’48) Toms (Bezina, Malik, à 5 c 4) 2-0, 17e (16’54) Plüss (Sprunger, Bykov) 2-1, 25e Sprunger (Mowers, Lakhmatov) 2-2. 31e Gobbi (Toms, Salmelainen, à 5 c 4) 3-2, 56e Casutt 3-3, 64e Jeannin (Knoepfli) 3-4.
Ge/Servette: Stephan; Gobbi, Bezina; Vukovic, Malik; Höhener, Breitbach; Mercier; Déruns, Savary, Salmelainen; Rivera, Trachsler, Suri; Toms, Rubin, Conz; Pivron, Hürlimann, Maurer.
Fribourg: Caron; Ngoy, Birbaum; Gerber, Leuenberger; Collenberg, Abplanalp; Loeffel, Voisard; Ouellet, Mowers, Lakhmatov; Casutt, Jeannin, Knoepfli; Sprunger, Bykov, Plüss; Lauper, Wirz, Botter.
Pénalités: 6 x 2’ contre Ge/Servette, 7 x 2’ contre Fribourg.
Notes: Ge/Servette sans Kolnik (suspendu pour la 7e et dernière fois) et Cadieux (blessé). Fribourg sans Heins (suspendu), Aubin, Hasani, Leblanc (blessés). Tir sur le poteau: Suri (20e). Premier tiers interrompu après 19’25 (trou dans la glace devant un but).