Peu visible au premier abord, la crise n’en est pas moins une réalité à Valence. Une consommation en berne, des impayés en forte hausse, plus de sept points de croissance perdus en deux ans et un taux de chômage qui frise les 20%… Après quinze années de boom économique, qui ont transformé la province, le réveil est brutal pour les Valenciens.
Forts de leur optimisme légendaire, ils n’ont cependant pas sombré dans la déprime collective, comme en attestent les nouveaux investissements lancés par une Municipalité de droite pourtant fortement endettée et qui ne reçoit pas les mêmes appuis du gouvernement de gauche que sa grande rivale Barcelone.
Course contre la montre
Valence n’a donc pas hésité pour accueillir le duel entre Alinghi et BMW Oracle. Un événement qui a dû être organisé dans l’urgence en quelques semaines. «On a eu la confirmation de Valence le 13 janvier pour une compétition qui doit commencer le 8 février!» souligne Michel Hodara. Directeur d’ACManagement lors de la 32e America’s Cup en 2007 à Valence, le manager genevois a mis à nouveau son expérience à disposition des organisateurs espagnols.
«Je connaissais déjà la plupart des gens avec lesquels je travaille aujourd’hui. Il fallait faire vite, car nous n’avions qu’un minimum de temps pour tout organiser et accueillir les médias et le public. Depuis deux semaines, on bosse presque 24?heures sur 24. En plus des équipes du Consortio Valencia 2007, je me suis entouré de personnes qui aiment comme moi réaliser l’impossible.»
Cadeau à la télévision
Michel Hodara ne promet pas la lune. «La 33e America’s Cup n’a rien à voir avec la précédente. On passe d’un événement cinq étoiles développé en trois ans à une bonne organisation trois étoiles plus compacte, plus intime et tout aussi excitante. On voulait éviter la folie des grandeurs. On s’est donc limité à la bonne dimension pour que tout le monde trouve son bonheur. J’espère qu’on va y arriver.»
Les médias disposeront dès aujourd’hui d’une salle de presse de 200?places. Les télévisions ne seront pas aussi bien installées qu’en 2007, mais elles disposeront gratuitement des images. «Les diffuseurs n’assumeront que les frais techniques et le coût du signal de retransmission dans leur pays. On leur offre un produit haut de gamme avec trois hélicoptères, deux bateaux pour une couverture en direct et des résumés pour le soir. C’est une première, mais il ne faudrait pas que ça crée un précédent pour le futur», souligne Hodara.
Lundi 8 février au petit matin, tout doit être prêt pour le lancement de la première régate. «On n’a pas le choix, soupire Michel Hodara. Nous n’avons aucune prise sur le côté sportif. Notre mission est de réussir un événement redimensionné. Nous avons mis sur pied un programme d’animations pour le public jusqu’au 14 février, et même au-delà si nécessaire. Dimanche prochain, une cérémonie d’ouverture festive se déroulera dans le port pour les deux équipes et le public.»