Depuis hier soir, la 33e Coupe de l’America nous aura livré une bonne et une mauvaise nouvelle: la fin des actions en justice à la Cour suprême de New York et la défaite d’Alinghi face à son Challenger américain BMW Oracle.
La deuxième régate, lancée en fin d’après-midi dans le vent léger sur un parcours en triangle, n’a fait que confirmer ce que l’on savait déjà depuis vendredi. La technologie de pointe utilisée par le trimaran américain s’est révélée très supérieure à celle qui a servi au projet plus (trop?) classique du catamaran suisse.
A son troisième essai, Larry Ellison a enfin gagné le gros lot. Les centaines de millions déboursés depuis dix ans pour parvenir un jour à brandir ce trophée tant convoité n’ont jamais découragé le Californien. Avec un bon juriste, connaisseur de tous les rouages de la justice américaine, et un directeur sportif à qui il a donné les pleins pouvoirs, Ellison a pu affronter Ernesto Bertarelli avec de meilleures chances de succès.
Encore une pénalité!
Encore fallait-il gagner le défi technologique et trouver l’arme absolue pour faire plier son adversaire. BMW Oracle a sorti une «machine de guerre» spectaculaire, surprenante de puissance et de fiabilité. Les doutes sur l’aile du trimaran sont tombés les uns après les autres en quelques jours. Tout d’abord sur le parcours «banane» aller et retour, ensuite sur le triangle où Alinghi s’est pourtant battu avec la dernière énergie pour limiter les dégâts. Peine perdue.
Comme vendredi, Alinghi n’a pas pu éviter une nouvelle pénalité dans la zone de départ, dans laquelle il est entré dix secondes trop tôt selon les règles de course. La protestation qu’il a brandie un peu plus tard (pavillon rouge) a été ensuite retirée. Elle n’aurait pas servi à grand-chose puisque la domination américaine a été une fois encore claire: 5’ 28” d’avance pour Oracle.
Trois nœuds d’écart
Cette fois, le catamaran avait été bien configuré pour les conditions de vent très léger annoncées. Dans le bord de près, Bertarelli et Peyron, successivement à la barre, ont eu un comportement plus agressif qui a failli être payant. Après avoir mené la course, parfois avec plus de 500?mètres d’avance, Alinghi a dû céder sa place juste avant la bouée. Mais la suite ne fut qu’un long monologue du trimaran américain qui filait au largue avec une vitesse moyenne supérieure de trois nœuds. Trop, beaucoup trop pour espérer quelque chose dans ce duel inégal.
On reviendra certainement sur les choix des designers d’Alinghi. Mais ce match de multicoques géants nous a offert un spectacle exceptionnel, unique, puisqu’il est peu probable qu’on le revoie un jour dans la Coupe de l’America.
Larry Ellison a répété qu’il voulait revenir au monocoque, plus léger et plus rapide que le Class America des quatre dernières éditions. Oracle annoncera aujourd’hui son Challenger of Record. Ce sera sans doute Malcalzone Latino, de l’Italien Onorato. Louis Vuitton fera également son grand retour pour une 34e?édition qui se déroulera peut-être à Newport en 2013… sans Alinghi. Ernesto Bertarelli va tourner la page.
A lire dans la Tribune de Genève:
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