Juraj Kolnik a fini de ronger son frein dans les tribunes! L’attaquant slovaque de Ge/Servette, très sévèrement puni pour avoir touché de sa crosse l’arbitre lors du match à Rapperswil, n’a plus joué en compétition officielle depuis le 31 janvier. Seuls trois matches amicaux l’ont fait quelque peu patienter.
«L’attente fut interminable, relève le lutin slovaque, meilleur compteur de LNA la saison précédente. La pause olympique a encore rendu la situation plus difficile à gérer.»
Mené 2-1 dans son quart de finale, Ge/Servette aura bien besoin du talent de Kolnik ce soir pour l’acte IV à Fribourg.
Juraj Kolnik, tout le monde attend votre retour avec impatience…
Moi aussi, nous voilà enfin arrivés au jour J, à ce match No 4 que j’avais fixé comme objectif dès que j’ai pris connaissance de ma suspension. Mais attention, n’attendez pas des miracles de ma part, je ne suis pas un superhéros qui peut gagner tout seul un match et qui marquera 4 buts. Le hockey reste un sport collectif. Par chance, je ne pars pas en terrain inconnu en retrouvant Toms et Rubin dans ma ligne.
Quel est votre état de forme?
J’ai fait tout mon possible pour la conserver, m’entraînant aussi durement que durant l’été, avec beaucoup de vélo et de gymnastique. Ma condition ne me cause aucun souci, mais entre l’entraînement et la compétition, ce n’est pas la même chose.
Vous apporterez au moins votre fraîcheur physique…
Peut-être, mais en play-off, la répétition des matches tous les deux jours est tout aussi importante, elle vous permet de rester dans le rythme. Moi, je devrai d’abord le retrouver.
Comment avez-vous vécu votre mise à l’écart forcée?
Le plus difficile, c’est le sentiment de nuire à ses coéquipiers et à son organisation sans être vraiment coupable.
Que voulez-vous dire?
Je ne comprends toujours pas comment l’affaire a pu prendre une telle ampleur. Il était question de coup de canne sur l’arbitre. A la lecture de certains journaux, j’étais un criminel, ma canne était entourée à la loupe sur certaines photos. En fait, ce fut tout sauf cela. Le seul problème fut que ma canne a touché l’arbitre car j’étais proche de lui. C’est une erreur que je n’aurais pas dû faire. Mais je n’ai jamais frappé ou voulu frapper l’arbitre.
Selon vous, la punition du juge unique était-elle trop lourde?
Je ne suis pas le juge du juge unique! En revanche, pour le bien de tous, il serait temps de modifier la procédure, en ne confiant pas le pouvoir à un seul homme, mais à plusieurs, représentatifs des différentes régions linguistiques.
Spectateur privilégié jusqu’à présent, comment avez-vous vécu le duel Fribourg-Ge/Servette?
J’ai ressenti à quel point la rivalité existe entre les deux clubs. Chaque camp veut envoyer des messages, ce qui crée des tensions et fait penser à une sorte de guerre. Mais les play-off, ce n’est pas seulement cela. J’aimerais que l’on y associe aussi du beau hockey.
La pression est sur votre équipe, qui doit réagir?
La pression est sur tout le monde. Même plus sur Gottéron, qui doit confirmer son succès devant ses propres fans. Ce ne sera pas évident non plus.
Les Aigles soufflent le chaud et le froid
Les séries finales sont révélatrices de la forme et du mental des joueurs. Certains sont transcendés par l’événement, d’autres, la boule au ventre, tétanisés.
Genève-Servette n’échappe pas à la règle. Les supporters attendent monts et merveilles de la rentrée de Juraj Kolnik ce soir. Après sept matches de suspension, il nous étonnerait qu’il allume le feu. Souvenez-vous du quart de finale de la saison passée contre Kloten. Ledit Kolnik et Ritchie, leaders grenat flamboyants lors de la saison régulière, n’avaient pas échappé au naufrage collectif des Aigles.
Depuis le début de la série entre Ge/Servette et Gottéron, tous les Grenat n’affichent pas la même confiance que lors du tour qualificatif. Eux qui avaient fait de la constance leur marque de fabrique soufflent le chaud et le froid. A l’image de certains d’entre eux, irréguliers ou tout simplement transparents On ne citera pas de noms, ils se reconnaîtront.
«C’est lors des grands rendez-vous que l’on découvre le véritable visage des joueurs», confirme Louis Matte. A l’heure de coucher sur une page blanche les contours de son équipe 2010/11, tous ces paramètres ne sauraient échapper à la sagacité de Chris McSorley qui triera le bon grain de l’ivraie.
Bernard Andrié