Au-delà de sa satisfaction légitime d’avoir triomphé, le camp servettien était préoccupé par l’état de santé de Daniel Rubin, allongé dans le vestiaire, groggy et pris en charge par le médecin de l’équipe. Au fil des minutes, l’attaquant retrouvait lentement mais sûrement ses esprits, hochant de la tête pour enregistrer les messages de sympathie de ses coéquipiers se succédant à son chevet. A priori, et c’est bien là l’essentiel, aucune commotion cérébrale ou grave blessure n’est à déplorer.
L’agression de Shawn Heins (56e?minute), poings en avant en sautant tel un animal déchaîné sur la tête de Rubin, laissera certainement des traces ailleurs. Expédié aux vestiaires et sanctionné d’une pénalité de match, le défenseur canadien, capitaine prônant le mauvais exemple, sera automatiquement suspendu lors du prochain match. Et peut-être plus longtemps puisque le juge unique ouvrira automatiquement une enquête.
Dans le camp fribourgeois, chacun en est bien conscient. «Nous devrons nous passer de lui un certain temps», constate Alain Birbaum, son partenaire en défense. L’entraîneur Serge Pelletier est mal à l’aise et explique «qu’il vient de visionner la scène et qu’il ne s’est absolument rien passé. Nombreuses ont été les fautes de ce genre durant le match et des deux côtés.» Et le coach des Dragons de souligner que «si Hasani est à l’hôpital en observation, ce n’est pas par hasard».
Peut-être, mais la faute de Maurer (17e) sur Adam Hasani ne saurait en rien se comparer à la couardise du capitaine fribourgeois. «Heins est un abruti qui ne devrait plus rejouer au hockey durant toute sa carrière, mentionne le Servettien Jonathan Mercier. C’est scandaleux de la part d’un joueur si expérimenté!»
Plus calme, Thomas Déruns, à nouveau irrésistible hier soir, réagit: «C’est typiquement du Heins!» Chris McSorley fait dans la sobriété. «Heins est un multirécidiviste qui n’en est pas à son premier coup. J’espère que la Ligue fera son travail…» Hier soir, Ge/Servette a peut-être gagné bien plus qu’un point dans cette série.