Pour la première fois de son histoire, le tennis masculin peut s’enorgueillir de compter deux raquettes dans le grand huit en Grand Chelem. En soutien moral de Federer, qualifié sans coup férir face à Jürgen Melzer, Stan de Saint-Barthélemy a rempli la mission délicate qui lui était impartie: confirmer aux yeux du monde que son exploit et la qualité de son tennis distillés contre Andy Murray n’étaient pas qu’un feu de paille.
Wawrinka a accompli un exploit supplémentaire. Au bout de 4?heures et 28?minutes d’un combat acharné. Verdict: 7-6 (11/9) 6-7 (5/7) 7-5 4-6 6-4. Les ondes étaient positives. Le nouvel état d’esprit qui anime le Vaudois en était un indicateur.. Il comptait bien ne pas en rester là. Ce n’est pas tout. Dans la foulée de «Paul le Poulpe», l’oracle rendu célèbre durant la Coupe du monde de football, le zoo de Staten Island (New York) s’est à son tour découvert sa star des pronostics: un chimpanzé répondant au nom de «Grandpa» (Grand Papa).
Sa méthode de fonctionnement? Choisir parmi deux balles de tennis celle où le nom du vainqueur est incrusté. Son bilan provisoire? 3 pronostics gagnés sur 3! Lundi matin, «Grandpa» a observé deux balles avec les noms de Querrey et Wawrinka, optant après une longue hésitation pour le Vaudois…
La bataille s’annonçait féroce, elle le fut. Fort de son succès face à Andy Murray, le Suisse partait avec les faveurs des pronostics. Mais Sam Querrey, dernier rescapé américain du tournoi masculin, avait déjà prouvé cette année l’étendue de ses possibilités, en remportant quatre tournois: sur dur (Los Angeles), gazon (Queen’s à Londres), terre battue (Belgrade) et en indoor (Memphis). Son service canon du haut de ses 198?cm ne cesse de provoquer des dégâts…
Paradoxalement, les deux sets initiaux n’ont pas été remportés par le joueur attendu. Dans le premier, Stanislas Wawrinka, en retrait, ne se ménageait aucune balle de break et se retrouvait mené 0-3 dans le tie-break, avant de se ressaisir et conclure 11-9, à sa 5e tentative.
Scénario inverse au 2e round. A 5-4, le Vaudois sert pour mener 2 manches à rien, galvaude 4 balles de set et s’effondre dans le tie-break (menant 3-0, il s’incline 3-7).
Le tombeur de Murray a des ressources et reprend ses aises dans la 3e manche. La partie semble lui appartenir. Mais dans la 4e manche, il souffre plus encore de la cuisse droite (celle qui le gêne depuis deux jours), fait appel au soigneur et laisse Sam Querrey remettre les compteurs à zéro.
Après quatre heures de jeu, il fallait en découdre avec un cinquième set. Avec au bout du compte, c'élait la délivrance pour Wawrinka qui concluait sur sa deuxième balle de match…
Repères
Avant Stanislas Wawrinka, quatre Suisses ont eu les honneurs d’un quart de finale en Grand Chelem. En dehors de Federer, seul Marc Rosset a fêté une victoire à ce niveau.
- HEINZ GÜNTHARDT: 2?fois
Le Zurichois connaît en 1985 une année faste, enchaînant deux quarts de finale en un été. D’abord à Wimbledon, en écartant notamment Slobodan Zivojinovic et Vitas Gerulaitis en cinq sets, avant d’échouer sèchement devant le Suédois Anders Jarryd. A l’US Open, il élimine en cinq manches Martin Jaite et Henri Leconte, mais ne peut rien face à l’idole Jimmy Connors (3?sets)£
- JAKOB HLASEK: 1?fois
Epoustouflant demi-finaliste du Masters en 1988, le Zurichois ne parvient dans le grand huit en Grand Chelem qu’à une seule reprise, en 1991 à Roland Garros. No 20 mondial, il est sèchement défait en trois sets par Andre Agassi (No 4).
- MARC ROSSET: 2?fois
Son épopée en 1996 à Roland Garros reste dans tous les esprits, malgré son épilogue sans jus face à Michael Stich. En 1999, le grand blond avait pris le quart à Melbourne, avant de s’incliner devant le futur finaliste Thomas Enqvist.
- ROGER FEDERER: 30?fois
Sa prodigieuse série a débuté en 2001, avec un revers en trois sets face à Alex Corretja à Paris. Elle est ininterrompue depuis Wimbledon 2004 (26 tournois).
OLB