Quelque part dans sa tête, sans réellement l’avouer, chacun l’espérait. Retrouver Fribourg-Gottéron en quart de finale des play-off, quoi de plus attrayant et explosif pour le public romand? Le 6e rendez-vous de la saison régulière, remporté pour la… 6e?fois par Ge/Servette n’a fait que mettre l’eau à la bouche. Avec une certitude: le duel entre Aigles et Dragons vaudra son pesant d’émotions…
Certes, les Fribourgeois, Julien Sprunger en tête, n’ont cessé de répéter ces dernières semaines qu’ils préféraient Berne comme rival. Certes, Chris McSorley a martelé depuis un bon mois qu’il ne verrait pas comment «ce ne pourrait pas être Lugano en quart de finale». Le sport en a décidé autrement, avec Bienne et Langnau brouillant les cartes en s’offrant Berne et Lugano.
En regagnant le bout du lac, Ge/Servette pouvait nourrir des regrets. Après six mois et 50 matches de championnat, les Aigles manquent pour un but, pour un point, le titre de champion de la saison régulière, qu’il aurait tout autant mérité que Berne. Le goal victorieux de Tony Salmelainen, en prolongation, est tombé 62?secondes trop tard…
L’agression de Plüss
Au-delà de cette nouvelle victoire genevoise, la soirée fut riche en enseignements. Avec la déroute de Lugano à Langnau, confortée plus tard par les ennuis de Berne à Bienne, il apparut au fil des minutes que les Fribourgeois et les Genevois étaient appelés à se retrouver dès mardi. Une fois de plus proche de Ge/Servette, mais toujours inférieur au final, Fribourg-Gottéron, Serge Pelletier et certains de ses lieutenants se sont efforcés de marquer leur territoire et montrer leurs muscles.
«La série sera intense, c’est un fait, admet l’entraîneur de Gottéron. Fribourg ne doit pas se cacher.» Provocateur attitré, Alain Birbaum évoque «certaines tentatives qui font partie du jeu.»
Soit. Ge/Servette ne s’est pas érigé en modèle de fair-play ces derniers mois. Mais samedi, la barre a été placée haut par Gottéron qui tenait à gommer son déficit d’image au niveau de l’engagement physique. Cela ne saurait excuser l’agression de Benjamin Plüss sur Jonathan Mercier (25e), chargé par-derrière, la tête en avant contre la bande.
«J’ose espérer que le juge unique prendra ses responsabilités, clame Chris McSorley. Cette saison, Höhener a reçu trois matches pour une scène comparable. Et Plüss est coutumier du fait: les attaques par-derrière sont l’une de ses spécialités…» Venu s’excuser après la partie, Benjamin Plüss n’a pas trouvé d’oreille attentive chez Jonathan Mercier.
Même Sandy Jeannin, qu’on a connu plus efficace et plus fair-play, devait péter les plombs en fin de partie. Sans parler de l’ineffable Shawn Heins, savant dosage de Misko Antisin et Todd Elik, qui a sorti le genou au premier tiers face à Rivera. Avant de s’acharner sur Rubin en fin de partie. Mais avec Marek Malik et Thomas Déruns, Ge/Servette n’est pas à court d’arguments.
D’ici à mardi soir, les esprits se seront peut-être calmés. Les ardoises sont remises à zéro et les suspensions peuvent coûter cher…?