Tout un championnat pour obtenir un avantage de 60?minutes, celui de commencer la série sur sa glace. Tels étaient les propos de John Gobbi dans nos colonnes, comme pour souligner ce si léger avantage offert pour une saison exemplaire…?
Soixante minutes plus tard, ledit avantage s’est évaporé dans la brume des Vernets. Sans que personne n’y trouve la moindre matière à discussion, tant le succès de Fribourg-Gottéron est tout aussi indiscutable que surprenant par sa clarté.
Seules les douze dernières minutes ont permis à Ge/Servette d’allumer le feu. Avec d’abord un raté de Salmelainen à la 48e puis deux buts de Déruns, dont le premier obtenu avec six joueurs de champ contre trois, Chris McSorley ayant tenté un ultime coup de poker.
Cette courte parenthèse mise à part, le suspense n’a tenu qu’en raison d’un incroyable déchet dans la concrétisation des occasions de but fribourgeoises et des arrêts prodigieux de Tobias Stephan, qui a longtemps retardé la capitulation.
Après 17?secondes
Les Dragons (et pas seulement eux) en étaient bien conscients. C’est dans la première semaine des play-off qu’ils devaient prendre les devants, profitant de l’absence de Kolnik et du rendement limité de Bezina, à peine revenu de blessure. Le moment choisi était idéal pour enfin fêter un succès cette saison, après six échecs. Le message a visiblement bien passé.
Englué dans ses patins et pris à froid après l’ouverture du score, Ge/Servette doit une fière chandelle à son ange gardien d’avoir regagné les vestiaires après le premier tiers avec uniquement un passif d’un but. Après 17 petites secondes, Fribourg confirmait avec éclat qu’il était bien décidé à saisir sa chance. Un contrôle hasardeux de Gobbi derrière la cage permettait à Knoepfli de servir Casutt. L’ancien et futur Zougois trouait la toile d’araignée.
Touché et déjà coulé. Par chance, le naufrage définitif était provisoirement évité, grâce à Tobias Stephan, irrésistible, notamment durant les 87?secondes où les Grenat ont évolué en double infériorité numérique. Les doigts d’une main ne suffisent pas à comptabiliser ses miracles à répétition. Sprunger, Aubin, Casutt et Ngoy peuvent, entre autres, en témoigner. Un avantage de 2, voire 3 buts des visiteurs n’aurait alors pas constitué un hold-up.
Les Servettiens sont passés à la vitesse supérieure dans la deuxième période, mais trop rarement incisifs, ils se sont heurtés alors à Sébastien Caron, pas en reste par rapport à son vis-à-vis. Le Québécois permettait aux Fribourgeois de préserver leur avance.
Sprunger et Bykov brillent
Ge/Servette se retrouve déjà sous pression. Ses lacunes en power play sont encore plus criardes durant ces matches fermés à souhait. Le non-alignement de Goran Bezina, même diminué, en jeu de puissance est étonnant. Du côté de Gottéron, les compères Julien Sprunger et Andrei Bykov, profitant de trop d’espaces laissés par la défense genevoise, ont brillé de mille feux. Chris McSorley devra trouver des solutions. Si possible rapidement.
Ge/Servette - Fribourg 2-4 (0-1 0-0 2-3)
Vernets, 6765 spectateurs.
Arbitres: MM. Kurmann/Massy; Arm, Küng
Buts: 1re (0’17) Casutt (Knoepfli) 0-1, 41e (40’30) Birbaum (Jeannin) 0-2, 50e Sprunger (Bykov, Casutt, à 5 c 4) 0-3, 54e Déruns (Malik, Rubin, à 6 c 3!) 1-3, 57e Déruns (Savary) 2-3, 58e Heins (Birbaum, à 5 c 4) 2-4
Ge/Servette: Stephan; Gobbi, Mercier; Malik, Vukovic; Höhener, Breitbach; Bezina; Toms, Rubin, Conz; Déruns, Savary, Salmelainen; Rivera, Trachsler, Suri; Pivron. Hürlimann, Maurer.
Fribourg: Caron; Heins, Birbaum; Ngoy, Leuenberger; Abplanalp, Collenberg; Gerber, Löffel; Casutt, Jeannin, Knoepfli; Mowers, Aubin, Lakhmatov; Hasani, Wirz, Botter; Sprunger, Bykov, Lauper.
Pénalités: 5 x 2’ contre les deux équipes
Notes: Ge/Servette sans Cadieux (blessé) et Kolnik (suspendu), Fribourg sans Leblanc (blessé), Plüss (suspendu) et Ouellet (étranger surnuméraire). Stephan quitte sa cage entre 52’50 et 53’07. La soirée est placée sous le signe de la lutte contre le racisme dans le sport. Ge/Servette s’est associé
avec la Licra.