Une certitude au soir de l’acte IV de la série: Genève-Servette a épuisé tous ses droits à l’erreur. Une défaite jeudi aux Vernets l’enverrait directement en vacances. Une autre évidence: la roue de la fortune a tourné. Fribourg apparaît plus que jamais comme le grandissime favori de ce quart de finale. Pourquoi? Parce que c’est une véritable équipe de play-off. Tout le contraire de son adversaire, les nerfs à fleur de peau et surtout coupable d’avoir accumulé les punitions mineures. Avec trois buts à la clé en fin de partie contre l’un des plus faibles power play de la saison régulière.?
Dans cette partie qui a tourné en eau de boudin pour lui, Genève-Servette a fait le jeu de Gottéron. Au lieu de se montrer patient et d’attendre les hommes de Serge Pelletier dans sa zone de défense, il est tombé dans le piège, comme un bleu. Tout heureux de l’invite, Gottéron a repris à son compte cette tactique payante. Et porté des banderilles assassines. Grâce au talent fou de Sprunger et à la fusée Mowers, placée sur orbite.
AUBIN RESSUSCITE
Une surprise à l’échauffement. Aubin, annoncé absent jusqu’à la fin de la saison (genou droit en compote, voir ci-dessous), était présent à l’échauffement. Et sur la glace au coup d’envoi. D’abord dans le rôle de 13e attaquant, appelé à évoluer dans les unités spéciales. Puis dans un rôle plus actif au sein de la quatrième ligne d’attaque fribourgeoise, dès l’instant où Botter, blessé, a regagné le vestiaire dans le courant de la deuxième période.
SPRUNGER BRILLANT
Un homme a éclaboussé de tout son talent l’acte IV de cette série. Vous l’avez deviné, il s’agit de Julien Sprunger. L’international transforme en or tout ce qu’il touche. Avec ses compères Bykov et Plüss, il a affolé l’arrière-garde de Ge/Servette. Avec une insolente facilité. Pas étonnant si l’on retrouve le No 86 sur le deuxième but de Gottéron. En position idéale, il a fusillé le gardien Stephan, abandonné par ses coéquipiers.
FAIBLE POWER PLAY
En tête à la marque (2-1), Fribourg a bénéficié d’un double avantage numérique avant la mi-match (25e). Résultat des courses: excepté un tir sur la latte de Stephan, le néant complet. Un jeu de puissance misérable.
Une maladie contagieuse, car Genève-Servette a lui aussi flanché dans cet exercice de haut vol. Pire, sur une échappée belle de Mowers, il a concédé l’ouverture du score en supériorité numérique. Annulée très vite par une subtile déviation de Suri, la révélation de la saison, que Chris McSorley a déjà expédié à Rapperswil la saison prochaine. Comprenne qui pourra!
TROP DE PÉNALITÉS
Dans un match tendu, où les coups tordus ont fleuri, les nerfs de Genève-Servette ont lâché. Les Grenat ont subi trop de pénalités pour rester au contact de Fribourg. En fin de match (deux goals en septante secondes), Fribourg a fait cavalier seul. Et relégué son adversaire en simple comparse. Inquiétant pour la suite de la série…
Fribourg - GS 6-1 (1-1, 1-0, 4-0)
Saint-Léonard, 7000 spectateurs (guichets fermés)
Arbitres: MM. Stadler et Reiber; Wehrli, Wirth.
Buts: 5e Mowers (Birbaum, Jeannnin, à 4 c 5) 1-0, 11e Suri (Trachsler, Rivera) 1-1, 24e Sprunger (Gerber, Leuenberger) 2-1, 54e Jeannin (Abplanalp, Bykov, 5 c 4) 3-1, 55e Mowers (Ouellet, Ablanalp) 4-1, 57e Plüss (Bykov, 5 c 4) 5-1, 59e Ouellet (Mowers, 5 c 4) 6-1.
Ge/Servette: Stephan; Mercier, Bezina; Vukovic, Malik; Höhener, Breitbach; Gobbi; Déruns, Savary, Salmelainen; Rivera, Trachsler, Conz; Toms, Rubin, Conz; Suri, Hürlimann, Maurer.
Fribourg: Caron; Ngoy, Birbaum; Gerber, Leuenberger; Collenberg, Abplanalp; Loeffel; Casutt, Jeannin, Knoepfli; Ouellet, Mowers, Lakhmatov; Sprunger, Bykov, Plüss; Lauper, Wirz, Botter; Aubin.
Pénalités: 6 x 2’ contre Fribourg. 11 x 2’ et 1 x 10’ (Gobbi) contre Ge/Servette.
Notes: Fribourg sans Heins (suspendu), Hasani, Leblanc (blessés) et Voisard (surnuméraire). Ge/Servette sans Cadieux (blessé). Botter, blessé, quitte la glace au 2e tiers-temps.