L’affrontement entre Ernesto Bertarelli et Larry Ellison ne se limite pas aux régates. Cette 33e Coupe de l’America aura largement été une guerre juridique et technologique. Dans cette bataille, les deux milliardaires ont aussi cherché le soutien de l’opinion publique. Une lutte acharnée dans laquelle chaque camp a contrôlé sa communication au-delà des clauses de confidentialité exigées de la part des concepteurs.
Il fallait ainsi laisser filtrer des informations et des images pour susciter l’intérêt du public et espérer des retombées positives. D’autant plus que chaque camp a tenu, chacun son tour ou simultanément, le rôle du «méchant», du mauvais joueur, du «fossoyeur de la Coupe».
Si les Etats-Unis se passionnent davantage pour la finale du Super Bowl, prévue demain au Sun Life Stadium de Miami, que pour deux multicoques géants assez éloignés de la tradition nautique américaine, il n’en reste pas moins que ce pays attend depuis 1995 de récupérer un trophée prestigieux qu’il avait su conserver pendant cent quarante ans.
Que la Suisse, petit pays sans mer, soit parvenue à s’emparer de la chose avec panache en 2003 en Nouvelle-Zélande n’a pas manqué d’indisposer les nations anglo-saxonnes, très à cheval sur la hiérarchie navale. A lire les innombrables sites Web ou blogs qui n’ont cessé de jeter leur fiel sur le vilain Bertarelli et son équipe, on comprend mieux le ressentiment général qui n’a fait que s’amplifier au fil des audiences parfois surréalistes de la Cour suprême de New York.
Maintenant que la Coupe revient enfin sur l’eau, la question est de savoir ce qu’en fera le futur vainqueur. Car pour la faire renaître de ses cendres, il y aura du boulot!