Depuis qu’Andre Agassi est passé aux aveux, il ne se passe pas un jour sans qu’un organisme officiel ou des joueurs ne jouent les vierges effarouchées.
Tout bien réfléchi, ils feraient mieux de se taire. D’abord, dans le cas où ils l’ignoreraient encore, il est de bon ton désormais que les tennismen pimentent leur autobiographie par quelques chapitres croustillants (drogue, sexe ou dopage). Voir les récits de Boris Becker, John McEnroe et Yannick Noah.
Climat de suspicion
Ensuite, il faut remettre les faits dans leur contexte de l’époque. Ce n’est pas une démarche anodine. On s’en souvient, dans les années 90, les contrôles antidopage étaient entourés d’un climat de suspicion et d’un laxisme qui ont obligé l’Agence mondiale – au lendemain de sa création en 1999 – à se pencher très sérieusement sur ce sport. Avant que les contrôles soient confiés à la Fédération internationale, dès 2006 pour l’ATP et douze mois plus tard pour la WTA.
En 1997, l’année où remonte le contrôle positif subi par Andre Agassi, l’ATP confiait ses contrôles à une société indépendante dont le patron n’était pas médecin, mais docteur… en psychologie. Ensuite, en cas de dopage avéré, elle transmettait le dossier à un tribunal indépendant. «J’ai entendu parler de certains de ces tribunaux, observe Dick Pound, l’ancien directeur de l’Agence mondiale antidopage. Ils ne sont pas sérieux. Le simple fait d’avoir recours à un tribunal n’en fait pas pour autant une institution indépendante ou rigoureuse.»
Un arsenal répressif à faire sourire
L’arsenal répressif du moment aussi prêtait à sourire. Songez que Mats Wilander et Karel Novacek, convaincus d’usage de cocaïne en 1995 – comme Martina Hingis il y a deux ans et Richard Gasquet cette année – n’ont été suspendus que pendant trois mois seulement!
Il faut ajouter à ce tableau guère reluisant les rumeurs de dopage qui accompagnaient certains joueurs dont les noms n’étaient pas rendus publics pour ne pas écorner l’image du tennis. Ainsi, il n’était pas rare de voir des athlètes disparaître quelques mois de la circulation. Officiellement pour cause de blessure, alors que, murmurait-on dans les coulisses, ils étaient sous le coup d’une suspension pour dopage. Sans malheureusement aucune preuve à l’appui pour venir étayer cette thèse!
Les faits
Dans son livre Open: an autobiography, qui doit paraître le 9 novembre aux Etats-Unis, Andre Agassi explique avoir subi un test antidopage positif à la méthamphétamine (une drogue synthétique qui provoque euphorie, forte stimulation mentale et recul des frontières de la douleur) en 1997. Et dupé l’ATP en mentant sur la façon dont la drogue était arrivée dans son corps, évitant ainsi une suspension de trois mois.
BA