Cent pour cent Star Ac’, la nouvelle comédie musicale de Kamel Ouali? Concernant les têtes d’affiche, oui. Chorégraphe attitré du fameux télé- crochet, Kamel Ouali a, dit-il, créé le spectacle Cléopâtre pour une seule et unique personne, Sofia Essaïdi, elle-même candidate de la troisième Star Academy, en 2003. Chargée de strass, le corps moulé dans une robe de péplum, elle ondule d’une scène à l’autre, jetée au pied de Jules César (Christopher Stills, le fils de Véronique Sanson), qu’elle aime et qui meurt assassiné, puis s’extasie de bonheur dans les bras musculeux de Marc Antoine (Florian Etienne). Sofia-Cléopâtre danse, joue la comédie et chante. Sur des rythmes technos, R’n’B et rock.
Une femme moderne
«Le répertoire de Cléopâtre n’est clairement pas le mien. Moi, c’est le jazz et la chanson à textes. Jamais je n’aurais interprété du rock ou de la variété. Voilà l’intérêt de ce spectacle. On se met au service d’un projet. Et on fait tout. Durant la création, j’avais toujours mon mot à dire. Bien sûr, il y a des choses qui s’imposent. Un accord de rock reste un accord de rock. Et c’était la première fois pour moi.» Là où elle est le plus à l’aise, dit-elle, c’est dans le spectacle pur et dur. «Depuis toujours, je suis show. On vous demande de chanter puis de voler, des harnais crochés dans le dos! Le spectacle pousse à se dépasser et j’aime ça.» Sofia Essaïdi devient Cléopâtre. Mais une Cléopâtre résolument moderne, qui déclare en chantant «Je suis une femme d’aujourd’hui/Mon corps n’est pas soumis.» Anachronisme? «Mais elle était moderne! C’était une femme de tête, elle dirigeait un pays. Cléopâtre, c’est le combat des femmes d’aujourd’hui qui veulent conjuguer enfant, travail et
indépendance.» Descendante de la famille grecque Ptolémée, la célèbre reine égyptienne aura mis son temps avant de séduire la chanteuse. «Avant, j’y voyais une reine implacable, sans cœur. Son image restait assez vague cependant. Sinon le souvenir de films, de cours d’histoire. Puis je me suis documentée. Mais Cléopâtre ne s’est vraiment révélée que lorsque j’ai commencé le travail sur scène. J’ai découvert une femme pleine d’émotion et de subtilité.» Mais ce n’est que la dernière semaine avant la générale que Sofia rentre vraiment dans le personnage. Lorsque tout le reste, chant, danse, costume, était au point. «Je rentrais à minuit des répétitions pour me faire des schémas de ses émotions. Qu’est-ce qu’il fallait ressentir et à quel moment? Au début de l’histoire, Cléopâtre a 17 ans, lorsqu’elle meurt, elle en a 38!»
Envie de cinéma
En marge de la comédie musicale, Sofia Essaïdi n’a pas traîné. «J’ai la chance d’avoir eu le rôle-titre du téléfilm Aïcha, de Yamina Benguigui. Autant cet engagement me pétrifiait, autant il a confirmé mon investissement. Pour la suite, le cinéma s’impose comme une priorité.» Polyvalente, Sofia Essaïdi risque-t-elle de trop en faire? «Je me définis avant tout comme artiste. Alors je ne me sens pas limitée.»?