La silhouette est longiligne, mais le palmarès pèse (très) lourd. Ainsi est Maria Riesch, skieuse hors pair qui n’en finit plus d’occuper le haut des tableaux. A 25?ans, la blonde de Garmisch conclut cette semaine une saison de folie dans sa station natale. Avec, encore, l’infime possibilité de s’emparer du gros Globe de cristal au nez et à la barbe de sa rivale, mais néanmoins meilleure amie, Lindsey Vonn.
Si elle venait à échouer dans sa quête, l’Allemande n’aurait toutefois aucun regret, tant son exercice 2009/2010 est réussi. Archiréussi. On en veut pour preuve les deux titres olympiques qu’elle s’est offerts le mois dernier à Vancouver. Ces deux breloques ont sonné comme une revanche et comme une récompense attendue pour une athlète au potentiel simplement énorme, mais dont la carrière a failli être stoppée net par des blessures.
Un sacré caractère!
Pour mieux comprendre la joie qui l’habite aujourd’hui, il faut mieux saisir ce par quoi Maria est passée. Sa vie de sportive de haut niveau a en effet emprunté des chemins bien tortueux avant d’aller tutoyer les sommets. Elle savoure désormais chaque moment comme un pur bonheur. «J’ai appris la patience, je me suis endurcie et je ne céderai jamais au découragement», jure-t-elle. Son caractère lui a permis de se relever de nombreux coups du sort.
Deux ruptures des ligaments du genou en 2005 – le droit en janvier, le gauche en novembre! – ne l’ont pas empêchée de confirmer les promesses entrevues chez les juniors. Quadruple championne du monde dans cette catégorie d’âge, la Bavaroise avait ensuite marqué des points en Coupe du monde dès sa première course, à 16?ans. Elle tombait alors comme un fruit mûr pour le ski allemand, après que Katja Seizinger eut tourné la page et que Hilde Gerg et Martina Ertl tirèrent leurs dernières cartouches. Une troisième place au général de la Coupe du monde en 2005 confirmait l’impression de ses premières années.
Or, la poisse s’en mêla au moment où l’intéressée était appelée à confirmer, lui pourrissant ainsi trois saisons. Et la privant de son rêve olympique en 2006.
Ce n’est qu’une année et demie après que Maria est devenue Riesch. A la faveur d’un gros travail sur elle-même et d’un courage exemplaire. «Je me suis reconstruite en bossant énormément, sourit-elle. J’ai également identifié mes points faibles.» Pour devenir plus forte, plus régulière et pour surpasser sa fragilité psychologique devant la pression.
Troisième de la Coupe du monde et vainqueur du général du super-G et du super-combiné en 2008, la blonde reprit la route, sa route, vers les sommets, devenant de plus en plus constante et misant sur une polyvalence à toute épreuve. «Avec l’avènement de quelques-unes de mes compatriotes, j’ai senti qu’on me poussait vers l’avant, qu’il y avait une saine émulation», analyse-t-elle.
Depuis lors, plus rien ne l’arrête. Sauf Lindsey Vonn, qu’elle a néanmoins battue hier en descente. Championne du monde de slalom à Val-d’Isère en 2009, après avoir également remporté quatre épreuves consécutivement durant la saison régulière, Maria Riesch talonne l’Américaine au général puis l’éclipse même lors des derniers Jeux olympiques. Dorée en super-combiné puis sur le virage court, elle a marqué les JO canadiens. Il ne lui manque plus que le Globe du général pour entrer dans l’histoire. Et si ce n’est pas pour cette année, ce sera pour la suivante. Parole d’une jeune femme revenue du néant et qui ne cède jamais au découragement!?
Bio express
Maria Riesch
Naissance le 24 novembre 1984 à Garmisch.
16 février 2001: première course Coupe du monde et premiers points (20e du super-G de Garmisch).
30 janvier 2004: remporte sa première course, à Haus im Ennstal.
2005: se rompt les ligaments du genou droit en janvier puis ceux du genou gauche en novembre!
Février 2010: remporte deux titres olympiques. (ACE)