Et si le public ne l’avait pas compris, il est désormais convaincu par les unes des magazines qui fleurissent comme le muguet au printemps: non contentes de voler au secours de la planète menacée, de défendre des idées progressistes, les personnalités de la sphère people témoignent de leur profonde humanité en se lançant dans l’exaltante aventure de l’adoption. Jamais il n’a autant été question de bébés arrachés par des stars lumineuses à un destin obscur en Afrique ou en Asie!
Certes, il y a celles en mal d’enfant qui, comme la plupart des mères candidates à l’adoption, mais sur le devant de la scène et avec un petit coup de pouce politique ou médiatique, suivent la procédure légale: Laeticia Hallyday, Agnès Jaoui ou Valéria Bruni-Tedeschi… Mais que dire, en revanche, des adoptions à grand spectacle orchestrées par les reines de la communication hollywoodiennes? Leur statut de star les autorise-t-il à bafouer les lois de l’adoption, juste pour ramener devant les photographes un joli petit bambin préalablement choisi lors d’un casting à l’orphelinat avant de devenir la preuve vivante de leur générosité? Force est de reconnaître que les adoptions multiples d’Angelina Jolie, pourtant ambassadrice de bonne volonté auprès du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, sont entachées d’irrégularités. L’intermédiaire qui lui permit en 2002 d’adopter Maddox Chivan au Cambodge, Lauryn Galinda, a été condamnée pour falsifications de dossiers d’enfants dérobés à leur famille à la naissance, sans parler de Zahara, adoptée en 2005 en Ethiopie, orpheline du sida mais réclamées par d’hypothétiques mères biologiques…
Mais celle qui bafoue ouvertement les règles de l’adoption auxquelles toutes les femmes doivent se soumettre, c’est Madonna, dont certains commencent à penser qu’elle «fait son marché au Malawi» d’où elle a ramené David Banda après avoir trouvé les arguments pour décider son père Yohane Banda de le lui laisser. Deux ans plus tard, la Madone a voulu récidiver, mais la justice du Malawi ne s’est pas laissé convaincre. Il faut dire que l’icône pop n’a pas fait dans la dentelle pour obtenir l’adoption de la petite Mercy James, 3?ans, que sa grand-mère et ses oncles ne veulent pas abandonner à la star.
Arrivée en jet privé, installée dans un palace de la capitale avec sa fille Lourdes, Madonna a voulu braver les lois de l’adoption, persuadée que son documentaire sur le Malawi en 2008 lui donnait tous les droits, d’autant qu’elle croyait s’être acheté un ticket d’entrée pour 2,3 millions d’euros en construisant un orphelinat. Passe encore que Madonna ne réside pas depuis dix-huit mois dans le pays, elle a délibérément bafoué la règle qui veut qu’une femme divorcée ne puisse pas adopter… en remplissant la procédure d’adoption juste avant d’annoncer son divorce d’avec Guy Ritchie. Une séparation qui n’est pas passée inaperçue, même pour les juges du Malawi! Certes, une star est une femme comme les autres et a bien le droit d’adopter. Sa célébrité n’implique pas qu’elle soit moins honnête. Mais le non-respect des règles et des lois ne peut qu’augmenter le désarroi et la frustration des familles anonymes qui n’arrivent pas à adopter. Pour jouer les héroïnes des temps modernes, encore faut-il ne pas tricher.